L’information vient de tomber. Le Président sud africain Jacob Zuma a annoncé sa démission, dans la soirée de ce mercredi 14 février 2018. Durant son discours à la nation, Zuma a souligné que sa démission est à effet immédiat. Mouillé jusqu’au cou dans une multitudes d’affaires de corruption, Zuma a été poussé à la sortie par sa propre formation politique, le National African Congress (ANC).

L’échéance sans cesse repoussée est enfin arrivée. Jacob Zuma a quitté la présidence de la nation arc-en-ciel, avant la fin de son mandat. Pourtant quelques heures plutôt, comme un certain Robert Mugabe, il avait bravé l’ultimatum de l’ANC avant de céder dans la soirée. La menace d’une motion de défiance qui allait aboutir à sa destitution a eu raison de lui. Il l’admet d’ailleurs en ces termes :

«j’ai été contraint de démissionner en raison de la motion de défiance».

La chute

Arrivé au pouvoir en 2009, l’homme politique de 75 ans n’ira pas au bout de son second mandat. Comme son aîné Mugabe, Zuma a accéléré sa chute avec une série de décisions impopulaires. Parmi elles, le limogeage de son influent et respecté ministre de l’économie Pravin Gordhan en mars 2017. Mais c’est certainement l’élection de Cyril Ramaphosa (vice président sud africain) à la tête de l’ANC en décembre 2017 qui a précipité la chute de Jacob Zuma.

La question que tout le monde se pose en ce moment, c’est quelle est la contrepartie qu’aura Zuma? A t-il négocié une immunité pour échapper à la justice qui lui court après depuis plus d’une décennie? Rien a filtré à ce propos. Les jours et semaines à venir nous en diront certainement plus.

Ramaphosa Président 

Zuma out, Ramaphosa prend les reines. Le parti présidentiel espère avec ce coup de force, remobiliser ses troupes en vue de la présidentielle de 2019. Beaucoup d’observateurs estimaient que l’ANC allait vers une défaite certaine si Jacob Zuma conserve son poste jusqu’aux élections. L’avenir nous dira ce qu’il en est.