En début de soirée du dimanche 10 septembre 2017, le porte parole du gouvernement mauritanien est revenu sur le cas des militants antiesclavagistes refoulés deux jours plutôt. Selon le ministre, les américains qui devaient séjourner en Mauritanie du 8 au 15 septembre courant, « ont planifié d’agir contre les lois en vigueur » au pays d’Ould Abdel Aziz. 

La visite prévue de longue date, n’a finalement pas eu lieu. Et pour cause, le gouvernement mauritanien a refusé de leur délivrer des visas d’entrée. La douzaine de militants est restée à l’aéroport des heures durant, en attendant d’être refoulée vers Paris. Selon Dr Mohamed Lemine Ould Cheikh porte parole du gouvernement, l’administration mauritanienne a « notifié à l’ambassade des Etats Unies en Mauritanie que les visas n’étaient pas accordées ».

Le porte parole a parlé…

Et à Ould Cheikh de préciser que « le programme de cette visite n’a pas fait l’objet de concertation avec les autorités ». Toujours dans le chapitre des justifications, le ministre a déclaré que le dit programme prévoyait « que les rencontres soient limitées à un public minutieusement filtré et suivant un agenda particulier ». De quel public et agenda parle le porte parole du gouvernement? Il n’en dira pas plus.

…Mais…

Du côté des initiateurs et partenaires de la visite, la chanson est toute autre. LeReflet.NET a appris de source sûre que « le programme des antiesclavagistes a non seulement été partagé avec le gouvernement, mais en plus des modifications ont été apportés à leur demande ». C’est tout à fait le contraire des déclarations du très officiel porte parole du gouvernement. Notre source ajoutera être surpris par cette décision « soudaine décision » de l’exécutif mauritanien.

Scandalisés

La surprise et l’incompréhension sont deux sentiments partagés par les visiteurs et leurs hôtes. En effet, les militants antiesclavagistes qui devaient séjourner en Mauritanie du 8 au 15 septembre courant,sont issus du célèbre Institut Abolitionniste basé à Chicago et le mouvement des droits civiques Rainbow/PUSH du pasteur Jesse Jackson. Ils sont considérés comme des « modérés » et pacifistes.

La reconduction hors du territoire mauritanien des antiesclavagistes, a soulevé moult réactions. Dans les salons, bureaux et sur les réseaux sociaux tout le monde en parle. On s’indigne, proteste et crie au scandale.

SOS Esclaves

Pour Boubacar Messaoud Président de SOS Esclaves, « cette attitude de nos autorités n’honore pas notre beau pays. Pays qui doit renouer avec les valeurs cardinales  de paix et d’accueil « . Il ajoutera que cette visite avortée entre dans le cadre de « la démarche pacifique de SOS Esclaves de capitaliser toutes les expériences et approches positives afin d’apporter une contribution à la promotion de la justice sociale, des vertus de conciliation et de la garantie de la paix sociale ».

Les américains déçus et préoccupés

Autre réaction, celle du représentant numéro des Etats Unies d’Amérique en Mauritanie. Il s’agit de l’ambassadeur Larry André qui estime à travers un communiqué, que « le gouvernement américain est déçu et préoccupé par la décision de leur refuser l’entrée au pays ». Nos sources indiquent que l’ambassadeur jouait un rôle de facilitateur dans cette affaire.

L’esclavage a la peau dure !

Pour rappel, la Mauritanie est considérée à tord ou à raison comme étant « l’un des derniers bastions de l’esclavage » au monde. Selon les ONG qui travaillent dans le domaine, ce phénomène est encore une réalité chez nous. Mais du côté du gouvernement, on parle de « séquelles ». Ce mot faut-il le noter, précède toujours celui de l’esclavage dans les discours officiels.

Soulignons par ailleurs que l’esclavage est aboli en Mauritanie depuis 1981. Ces dernières années, des lois et conventions ont été mis en place pour lutter contre l’esclavage. Oui. L’on note à titre d’exemple, la criminalisation de l’esclavage désormais considéré comme un crime contre l’humanité ou encore la création des tribunaux spéciaux pour les cas d’esclavage.

Commentaires

1 commentaire

  1. Ce groupe anti-esclavagiste, avec le soi-disant défenseur de droits de l’homme, l’ambassadeur local devraient « nettoyer leur propre arrière-cour » apporter justice dans leur propre pays (USA)
    , avant de pointer les doigts vers les autres.

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