Lundi 12 juin, ont débuté les épreuves du baccalauréat sur toute l’étendue du territoire national. Les candidats sont au nombre 49 970.  Au total, 128  centres dont 65 à Nouakchott étaient chargés de les accueillir. Comme avec le brevet, nous nous sommes permis de sillonner des centres pour avoir une idée sur le bon déroulement ou non du concours.

Lundi 12 juin 2017, il est 7h 23 minutes. Les environs du complexe des écoles publiques (Collèges et lycées) de la « capitale » sont bondés de monde. Des nombreuses voitures sont stationnées sur tout le long du mur de l’Institut Supérieur d’Etudes et de Recherches Islamiques (ISERI). Parents et élèves prennent d’assaut les centres d’examens. Des mamans se sont déjà aménagé des endroits au pied du mur de l’ISERI ; d’où elles comptent suivre le premier jour de la compétition.

Nous dépassons le collège des jeunes filles en passant devant le collège arabe et le lycée arabe, jusqu’au lycée des garçons, l’affluence est la même. Là, nous approchons deux élèves. Aïcha et Sidi Mohamed sont des candidats libres. Ils se présentent au concours pour la deuxième fois. Ils semblent prêts, cette fois ci, pour décrocher le sésame.

Le GGSR à l’œuvre

Circulation bloquée Axe Camp de garde – Racing Club – Photo LeReflet

Nous prenons la route pour l’école annexe. Ce matin, les agents du Groupement Général de la Sécurité Routière(GGSR) sont débordés. C’est avec difficulté qu’ils évacuent les voitures des routes qui mènent à la polyclinique et au Racing Club, à proximité de la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Au niveau du Racing Club, les agents du  GGSR, aidés par des policiers, offrent aux voitures un seul choix : L’axe qui mène au marché capital. En effet, entre le club et Radio Mauritanie se trouvent trois centres d’examens : L’école annexe, l’Ecole Normale d’Instituteurs (ENI), et le lycée national.

Quelques minutes avant

Devant le lycée, contre une pièce de dix ouguiyas, un candidat demande à un enfant talibé de prier pour lui et ses camarades. Vatimetou, elle, a choisi d’amener ses polycopies pour réviser avant que ne débutent les épreuves.

Une fouille minutieuse

A 7h 51 minutes, la porte du lycée s’ouvre et deux gendarmes en sortent. Nous décidons de nous rendre à l’ENI. Ici aussi, deux gendarmes organisent l’accès des candidats à l’intérieur de l’établissement. Les candidats sont minutieusement fouillés à l’aide d’un scanner. Sacs et téléphones portables ne sont pas les bienvenus. Leurs porteurs sont écartés.

Au pays des commerçants

Comme quoi la Mauritanie est un pays de commerçants, très vite un business s’est mis en place. Le gardien de l’établissement et un autre boutiquier proposent leurs services aux porteurs des objets interdits d’accès. 200 à 300 ouguiyas ce sont les sommes qu’il fallait débourser pour se faire garder son téléphone ou son sac.

Les retardataires ont tort

Les chefs de centres entendent faire respecter à la lettre les consignes du Ministère de l’Education Nationale. Harouna Dia et Diyé Kane, qui ont accusé plus de trente minutes de retard après la distribution des épreuves, ne franchiront pas la porte. Diyé Kane paye ainsi les frais du stress qui l’a privée de sommeil toute la nuit. « Je n’ai pas pu dormir jusqu’à 5 heures. » s’est elle confiée.

La gendarmerie patrouille

En attendant que les chefs de centres se libèrent un peu pour les rencontrer, nous observons les incessantes rondes de la gendarmerie à bord de ses Toyota, double cabine, bleu foncé, gravés de l’étiquette « 116, appel d’urgence ». Elle est chargée d’assurer la sécurité des établissements  abritant l’examen, très cher aux autorités.

Tout va bien, dixit des chefs de centre

A 9h 30 minutes, nous accédons au lycée arabe non loin de la fédération mauritanienne de football. Nous sommes conduits au président du jury par un gendarme. Mohamed Elhavedh Mohamed Veth est le chef d’un centre qui abrite la série Science Naturelle. Ici, les candidats sont au nombre de 461, repartis entre 11 salles et surveillés par 22 professeurs. Soit 2 profs par salle. Tout à l’air d’aller très bien.

« Nous avons commencé à 8h 30minutes. Nous n’avons encore remarqué rien de troublant. Nous avons pris le soin de ne pas laisser les candidats franchir les portes avec leurs téléphones ». Donc coté tricherie, rien n’a signalé selon Ould Mohamed Veth. Mais «d’habitude c’est lors des matières de base qu’on triche », rappelle-t-il. Or ce matin, c’est sur l’Instruction Religieuse (Matière secondaire) que nos candidats sont invités à cogiter.

Au collège des jeunes filles, nous trouvons Diallo Yaya, le président du jury,  occupé avec ses collaborateurs à ranger des copies. « Tout s’y est bien passé » d’après lui. Le centre qui abrite la série mathématique constate seulement 18 absents parmi les 487 enregistrés.

A leur sortie, Oumou 19 ans, Cheikh 21 ans semblent satisfaits de leurs travaux. Ba Moussa 20ans, lui, ne connaissant pas l’arabe, s’est juste « débrouillé ». Il se « prépare » pour affronter le français.

Lutte anti tricherie

Avec les mesures prises cette année, les autorités espèrent ne pas revivre les scénarios des années précédentes. Faut-il rappeler qu’en 2015, les réseaux sociaux, en l’occurrence whatsapp, avait servi de moyen aux candidats de l’époque pour diffuser largement les épreuves, dès les premières heures de leur distribution. Cette année, la connexion internet via carte SIM est coupée dès que les candidats regagnent leurs centres.

2017 sera-t-il mieux que 2016 ?

C’est le jeudi 15 juin que les épreuves du bac prendront fin. En 2016, Seuls 2 667 candidats avaient réussi à la session normale. Tandis que 2.891 étaient bons pour une session complémentaire dont sortiront admis 2.413. Soit un total de 5.304 bacheliers sur 45 026 candidats. 2017 sera-t-il mieux que 2016 ?