Les épreuves du Brevet d’Études du Premier Cycle ont débuté ce mercredi 07 juin. Les 57 199 candidats sont repartis entre 235 centres dont 55 à Nouakchott et un à Banjul en Gambie, rapporte l’Agence Mauritanienne d’Informations (AMI). A cette occasion, nous nous sommes rendus au collège du Ksar, pour constater le bon déroulement ou non de cet examen si cher aux candidats et à leurs parents.

Au collège du Ksar, à quelques mètres de l’école, ce qui attira d’abord notre attention c’est le rassemblement des parents d’élèves, les uns aux pieds des murs et les autres dans leurs voitures. Devant la grande porte d’entrée, deux gardes en sentinelle nous laissent accéder au bureau où se trouvent les membres du jury dont le vice président, Amadou Tijane M’baye. Le président n’y était pas. Il avait un empêchement, soulignera M. Mbaye.

524 candidats au brevet

Habillé en tunique vert claire, l’air très préoccupé par le travail, Amadou Tijane M’baye a laissé entendre que toutes les conditions nécessaires sont réunies et que l’examen a commencé à temps. Le centre dispose de 12 salles et de 26 surveillants. Soit 2 à 3 surveillants par salle. Parmi les 524 candidats enregistrés, les 489 étaient présents et les 35 absents. Le pourcentage de filles inscrites est de 42%. Ce chiffre correspond à la tendance nationale. Cette année, 55,26% des candidats au brevet sont des filles.

 La visite du ministre, perturbatrice ?

Comme il a eu à le faire avec les candidats de l’examen d’entrée en première année secondaire, le  Ministre de l’Éducation Nationale, Isselmou  Ould Sid’El Moctar a visité ceux qui font le brevet. Il est notamment passé au collège du Ksar avec une forte délégation, accompagné de journalistes de l’AMI. Ensemble, ils ont fait le tour de quelques salles, pris des photos et interrogé des élèves sur le déroulement de l’examen.

Pour Monsieur « D », surveillant qui requiert l’anonymat, le fait que le Ministre et toute sa délégation « envahisse » la salle en même temps « interrompt la réflexion » des élèves. Il ne trouve pas cela normal, du tout. « Le ministre accompagné de 3 à 4 personnes aurait suffi » a-t-il renchéri.

Entre le difficile et « l’eau à boire »

Ce matin à la première heure, les élèves ont eu à se pencher sur l’épreuve de mathématiques, ensuite sur celle de français. Ils sont nombreux les élèves que nous avons rencontrés, et qui estiment que l’épreuve de maths leur a « causé des petites difficultés ». Cependant l’épreuve de français a causé moins de souffrances.

Bakari, 20 ans, qui fait le brevet pour la deuxième fois, se confie : « J’ai oublié certaines notions en mathématiques, mais le français c’était comme de l’eau à boire». Ghalia, elle, trouve que les deux matières « étaient difficiles » et craint la science, à 15 heures.

Au moment où ces lignes sont écrites, nos candidats doivent être en train de batailler dur sur l’épreuve de sciences naturelles. Demain suivront l’arabe, l’histoire-géographie et l’instruction religieuse. Enfin, le vendredi, ils clôtureront avec la physique-chimie, l’instruction civique et l’anglais.

Des parents tricheurs

A coté des parents venus soutenir « honnêtement » leurs progénitures, se trouvaient ceux qui étaient venus tendre une main tricheuse aux leurs. Nous faisons allusion à ce Monsieur, à peu près la quarantaine, adossé au mur du stade de Ksar, qui s’empressait de s’emparer du sujet des mains du premier élève à sortir, le corriger, le photographier et l’envoyer par son smartphone.

Quel seuil d’admissibilité cette année ?

Ces deux dernières années, le Ministère a accordé le brevet à beaucoup d’élèves qui n’avaient pas atteint la moyenne ; autrement dit ces derniers avaient des notes inférieures à dix. En sera-t-il de même cette année ? Selon Amadou Tijane M’baye, « il faut avoir dix, sinon pas de brevet». En 2016, son centre a enregistré 64% d’admis.

A quand les résultats ?

Personne ne sait encore quand est ce que nos candidats pourront connaitre les fruits de leurs labeurs. Ce qui est sûr est que le 26 juin est la date fixée par le Ministère de l’Education Nationale pour la correction. Toutefois, cette date pourrait être repoussée vu qu’elle coïncide avec la fête de l’Aid El Fitr.