Le second procès en appel de Mohamed Ould  Mkheitir s’est ouvert ce mercredi 8 novembre 2017, à Nouadhibou. Condamné à mort pour apostasie en 2014, le sort de Mohamed Ould Mkheitir se joue dans cette cour d’appel nouvellement constituée. Objectif, statuer sur « la sincérité de son repentir » a appris LeReflet.NET d’une source locale proche du dossier.

Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie cristallise l’attention de tous, ce mercredi 8 novembre 2017. La ville est cadrillée par la police antiémeute. Depuis ce week-end, ils font presque partie du décor. Et pour cause, le détenu le plus célèbre de Mauritanie sera rejugé, en appel. Devant le juge Kebad, les deux avocats de la défense, Me Moine et Me Mbaye plaident la cause de son client. L’aspect blasphématoire ou non de son article n’est plus à la une. Il est plutôt question de savoir, si son repentir était sincère et donc peser en sa faveur.

Partie civile hors jeu

 A quinze heures, les différents observent une pause avant de reprendre les plaidoiries et réquisitoires. S’il est encore tôt pour savoir si Ould M’kheitir obtiendra gain de cause ou non, il est à souligner qu’une décision du juge donne de l’espoir. En effet, selon une source présente sur place, « le juge a débouté la partie civile, dès le début du procès, avant d’ajouter qu’en présence du Procureur Général, la partie civile pas sa place dans sa salle ». La partie civile faut il le rappeler, est conduite par le bâtonnier de l’ordre national des avocats, Me Cheikh Ould Hindi.

Plaidoirie de Me Mbaye

Au moment où nous mettons sous presse (mercredi 8 novembre à 15h), la séance est suspendue. Les deux parties observent une pause, reprennent des forces avant de s’affronter à nouveau. Connue pour sa verve, Me Mbaye, par ailleurs présidente de l’association mauritanienne des droits de l’homme plaidera la cause de son client. La dame de fer comme on la surnomme, tentera de casser les arguments de l’accusation. « Peut importe la longueur du procès, le verdict doit être rendu aujourd’hui », indique une source proche du dossier. La soirée de ce mercredi  8 novembre sera certainement agitée ou animée, selon la nature du verdict que va livrer le tribunal.

Bientôt 4 ans

Comme dit plus haut, le cas Ould M’kheitir tient les mauritaniens et la communauté internationale en haleine depuis trois ans. La procédure judiciaire jugée marathonienne commence à lasser beaucoup de monde et casse indirectement le moral du détenu, indique un observateur. Pour sa part, l’organisation de défenses des droits de l’homme Human Rights Watch appelle à la relax. Dans un communiqué publié dans la nuit du mardi au mercredi, l’organisation n’y va pas par quatre chemins.

« Abandonner les poursuites »

« Les autorités mauritaniennes devraient annuler la  condamnation à mort du blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheitir et abandonner toutes accusations portées à son encontre en violation de  la liberté d’expression » a déclaré l’antenne de HRW basée à Tunis. Pour Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen Orient et Afrique du Nord de HRW « c’est une bonne chose que la Cour d’appel de Nouadhibou réexamine cette affaire » mais estime qu’Ould Mkheitir « n’aurait initialement jamais dû être accusé ».

… et « abroger l’article 306

De plus, l’organisation HRW considère que « les députés mauritaniens devraient abroger les dispositions du code pénal qui violent la liberté d’expression,  y compris l’article 306, qui prévoit la peine de mort pour apostasie ». C’est sur la base de cet article qu’Ould Mkheitir a été reconnu coupable d’apostasie, puis de mécréance et condamné à mort avant que la Cour Suprême ne casse le jugement.

L’article…

La vie d’Ould Mkheitir a basculé le jour après qu’il ait écrit un billet de blog, dans lequel il dénonçait la « marginalisation de la communauté Maalmine (forgerons) » en faisant référence à « une forme de traitement dégradante qui existait à l’époque du prophète Mohamed PSL ». On était en décembre 2014. Ce billet a rapidement fait le tour de la toile et suscité colère et indignations. Soudainement, les choses se sont  enchainées. Il a été arrêté et mis en prison puis condamné, son père a été limogé de son poste de préfet adjoint de la ville de Nouadhibou et les manifestations pour son exécution devenus hebdomadaires.

Trois ans après, l’affaire Ould Mkheitir est loin de connaître son épilogue, estiment des observateurs. Selon lui, les autorités sont « prises entre le marteau et l’enclume ». D’un côté la communauté internationale fait pression et de l’autre l’opinion publique mauritanienne est sur le qui-vive. Les heures et jours à venir nous en diront certainement plus. En attendant, chacun y va de son commentaire.

 Toute reprise partielle ou totale de l’article devra faire mention de la source : LeReflet.Net avec le lien de l’article original  

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