Embarbouillé dans une histoire de « détournement de fonds dans le cadre de sa gestion de l’Etablissement National pour l’Entretien Routier (ENER), Wone Ousmane son directeur a été conduit devant le tribunal de Nouakchott ce mardi 24 octobre 2017. Il est entré dans l’enceinte du palais de justice accompagné des  youyous  scandés par ses parents, amis et sympathisants venus nombreux le soutenir.

Il était midi et quart quand Wone Ousmane arrive au tribunal.  Vêtu d’un boubou bleu,

Wone Ousmane

il marche d’un pas assuré encadré par des policiers. Cette comparution du haut fonctionnaire intervient plus d’une semaine après son interpellation par des éléments de la brigade de répression des crimes économiques. C’était le 16 octobre 2017. Ils campaient devant le tribunal depuis ce matin.

Peu de temps après son entrée dans le palais de justice, ses soutiens ont été dispersés par la police. Les forces antiémeutes envoyés en renforts n’ont pas eu de mal à évacuer le devant du tribunal. La foule composée majoritairement de femmes n’a pas opposé vive résistance. Ils promettent cependant de revenir.

Nommé Directeur Général de l’ENER à l’issue du conseil des ministres du Jeudi 21 Mai 2015, Wone nage en eaux troubles actuellement. L’ENER agonise faute de moyens. Des sources médiatiques ont rapporté que les salaires du mois de septembre n’avaient pas été payés, entre autres.

La conséquence directe de cette affaire est « la proposition »  fusion-absorption de l’ENER par la société d’Assainissement, des Travaux, de Transport et de Maintenance (ATTM s.a). Selon le communiqué du conseil des ministres du 19 octobre 2017, « la fusion-absorption entraînera la dissolution, sans liquidation, de l’ENER et le transfert de son patrimoine à ATTM qui gardera la même dénomination ».

A l’heure actuelle, la procédure n’en est qu’à ses débuts. Dans les salons et et cafés, on spécule déjà sur sa prochaine libération ou condamnation. Selon des observateurs, il a été victime de sa fermeté et de sa droiture. D’autres estiment qu’il a été trop naïf et négligent. Les jours et semaines à venir nous en diront certainement plus.