La Mauritanie à l’instar d’autres pays du monde, a célébré la journée mondiale de la femme rurale, dimanche 15 août 2017. Autorités, organismes internationaux et ONGs ont tenu marqué la journée . C’est le cas du Forum des Organisations Nationales des Droits de l’Homme (Fonadh) qui avec ses partenaires, a organisé une caravane de sensibilisation et de mobilisation pour « l’accès des femmes à la propriété des terres ».  

Logo du FONADH

Cette année, la journée mondiale de la femme rurale est placée sous le thème :« Une agriculture adaptable au climat pour l’égalité des genres et l’émancipation des femmes et des filles rurales ». Ceci correspond à la vision du projet « Cultivons notre Mauritanie » que mène le Fonadh et ses partenaires en vue de l’autonomisation de la femme rurale, par le biais de l’agriculture.

Ainsi donc au terme de la caravane qui a sillonné quatre communes du pays, le Fondah a organisé une conférence de presse à Nouakchott, lundi 16 octobre 2017. C’est à cette occasion de Sarr Mamadou Président de l’organisation a appelé « à lutter contre la discrimination dont les femmes sont victimes pour l’accès à la propriété foncière ». Rappelant le rôle « incontournable » de la femme dans le développement, Sarr estime que « justice doit être rétablie ».

Pour une reforme foncière

Poursuivant son raisonnement, le militant des Droits de l’Homme qui souligne l’accompagnement du Ministère de la Femme, de l’Enfance et de la Famille tout au long de la caravane, considère que « l’Etat doit aller plus loin et prendre ses responsabilités ». Dans ce sens, Sarr Mamadou plaide pour « une réforme foncière qui prendra en compte cette question » en collaboration avec la société civile.

Parole aux femmes

Cette conférence de presse a été également l’occasion pour des femmes rurales de s’exprimer. Tour à tour, les différentes représentantes des communes où la caravane est passée ont tenu à magnifier l’action du Fonadh et ses partenaires et formulé des doléances.

La femme est le socle de notre société !

S’exprimant la première, une des nombreuses rurales présentes dans salle, salue la présence de l’association des femmes parlementaires et exhorte les autorités à agir d’avantage pour résoudre les conflits latents entre éleveurs et agriculteurs. Ce, pour exploiter et faire vivre la terre efficacement.

… titres de propriété

Lui emboîtant le pas, sa voisine et présidente d’une coopérative à Aeré Mbare a exposé une situation récurrente que connait le monde rurale. Il s’agit des titres de propriété des terres. « Nous avons des terres légués de générations en générations, mais avons des difficultés pour obtenir des papiers ». Du coup, « nous sommes vulnérables et seul l’état peut changer la donne ».

Même problème, même combat

Toutes les femmes rurales qui ont pris la parole sont quasiment allés dans le même sens. On note d’abord une prise de conscience (elles ont des droits et doivent les revendiquer) et sont conscientes qu’il y a des blocages qui ne peuvent dépassés qu’avec le concours des autorités en collaboration avec les acteurs, la société civile…

Amis ou ennemis? 

Avant de clore la rencontre, Sarr Mamadou a tenu à partager une réflexion, sur ce que devrait être la nature de la relation OSC et autorités. Selon lui, « les organisations comme la notre doivent être considérés comme des partenaires et non des ennemis ». Une fois cette incompréhension levée, une meilleure collaboration peut en résulter pour le bien des populations.

Constat alarmant 

De tous temps, les femmes ont toujours joué un rôle décisif dans le développement. Dans le secteur agricole, où les femmes représentent 43 % de la main-d’œuvre selon l’ONU qui a tenu à leur accorder une journée. Une journée de plaidoyer, de reconnaissance et d’espoir. Aussi bien dans l’agriculture qu’ailleurs, elles sont présentes et se rendent utiles en silence. Leur rendre la place qui leur échoit ne serait que justice, normal.