Cela s’est passé samedi 5 aout 2017, sur les coups de 18heures, à Nouakchott. Les dirigeants de l’opposition, accompagnés de leurs militants ont été repoussés par la police anti-émeute, à coup de gaz lacrymogène. C’est la énième répression de l’opposition « boycottiste ». Les leaders, qui jugent le référendum illégal, allaient rendre visite aux sénateurs frondeurs en sit-in depuis le mercredi au sein du sénat.

Tout d’un coup une foule surgit de nulle part. Elle sort de la ruelle entre le ministère de la santé et la Banque Mauritanienne pour le Commerce International (BMCI). Direction : le sénat. Des leaders de l’opposition dite radicale dont Biram Dah Abeid d’IRA sont en tête. Plusieurs dizaines des militants leur emboîtent le pas.

Echauffourées

A leur vue, un agent du Groupement Général de la Sécurité Routière (GGSR) sursaute de sa chaise, se met à l’écart et marmonne quelques mots dans son talkie walkie. Il n’en fallut pas plus d’une minute. Deux pick-up avec une vingtaine de policiers en tuniques noires se pointent  stoppant ainsi leur progression. Les deux camps s’échangent quelques mots.

Face à la résistance, une pluie de grenade s’abat sur la foule. Les manifestants résistent toujours.  Les policiers, médusés, interrompent le jet de grenades.  Mais les deux camps s’observent avec beaucoup de méfiance.

Profitant du calme, avec leurs matraques, un groupe de policier s’acharne sur un homme. Inadmissible au regard de la foule, celle-ci se rue sur « les bourreaux » ; pierres et morceaux de briques s’envolent. La police s’affole et reprend, intensément cette fois-ci, son jet des grenades. Elle arrive à dégager les lieux et à quadriller la zone. Les opposants au référendum réalisent qu’ils ne peuvent pas accéder au sénat.

Cris de « victoire »

Après une dizaine de minutes, des voitures de l’opposition, convergent vers le carrefour cité smart à coup de klaxon et au cri de la victoire. « La victoire du peuple ». Ils venaient d’apprendre « le faible taux de participation » au scrutin. En effet, les médias font mention d’un taux de participation très modeste.

Nos confrères de Le Rénovateur parlaient de 20%, aux environs de 15heures. Pour ceux qui estiment que voter revenait à cautionner la violation de la constitution, cela constitue « une très grande victoire ». « Une gifle du peuple au coup du président Mohamed ould Abdel Aziz ». Cependant, les premières  informations venant de la Commission Electorale Nationale Indépendante font part d’un taux de participation de 59%. Nous y reviendrons en détail.

Rappelons que l’opposition n’a pas participé au dialogue politique de septembre à octobre 2016. Tout le long de la campagne, elle a organisé plusieurs marches de protestation et appelé au boycott du référendum. Ces marchent ont toujours été réprimées par les autorités. Le vote pour le référendum en vue de modifier la constitution et de changer le drapeau national s’est déroulé ce samedi 5 aout 2017.