La présidence de la République Islamique de Mauritanie a porté à la connaissance des mauritaniens, mardi 22 aout 2017, un nouveau décret. Le décret institue une commission chargée de proposer un nouvel hymne national. La composition de la commission provoque plusieurs réactions contre le pouvoir.

« Il est institué conformément aux dispositions du présent décret une Commission Chargée de proposer l’hymne national de la République Islamique de Mauritanie »: c’est l’article premier du décret signé par le président mauritanien le 21 aout et publié ce mardi 22 aout 2017. L’article 2 du décret nous apprend que la commission est composée des quarante personnes. Le Ministre de la Culture et de l’artisanat porte-parole du Gouvernement, Dr Mohamed Lemine Ould Cheik, en est le président.

« Quasi monoéthnique »

Qui sont ces personnes choisies pour travailler sur un nouvel hymne national ? A quoi ressemblera ce nouvel hymne ? Sera-t-il accepté par tous les mauritaniens ? En seront-ils satisfaits dans leurs diversités ?

L’on ignore encore qui sont réellement une bonne partie des membres de la commission, ni sur quelle base ils ont été choisies. Par ailleurs, plusieurs observateurs pointent déjà du doigt la non représentativité du groupe. En effet, sur les quarante membres, on ne compte que quatre negro mauritaniens. De plus, ces derniers ne sont pas très connus de leurs concitoyens.

En réaction à la nouvelle, le professeur de droit et vice président du parti politique UFP, Gourmo Abdoul Lô écrit sur sa page facebook : « L’objectif du référendum scélérat était de consacrer la division de notre nation que symbolisent de fait, deux drapeaux, deux hymnes nationaux. Qui s’étonnera de voir créée une « commission nationale » chargée de proposer un « nouvel hymne » à composition quasi monoethnique» ?

Capture d’écran: Post du professeur Gourmo Abdoul Lô

 

 

 

 

 

 

 

Même son de cloche avec Mariem mint Derwich, chroniqueuse du journal Le Calame. Elle y voit « une seule culture, une seule langue, une seule couleur »…

Capture d’écran: Post de la chroniqueuse Mariem min Derwich

 

 

 

 

Pour rappel, ce décret est la suite logique du référendum du 5 aout dernier. Selon la CENI, plus de 85/% des mauritaniens avaient voté en faveur d’une révision de l’article 8 de la constitution de juillet 1991. Ledit article concerne l’emblème national, l’hymne national et le sceau de l’Etat.