LeReflet – Les médecins mauritaniens ont tenu un sit-in devant le ministère de la santé, lundi 17 juillet 2017. La manifestation est organisée par le syndicat des médecins spécialistes en collaboration avec celui des médecins généralistes. Les porteurs des blouses blanches protestent contre leurs conditions de vie et de travail.

On est lundi matin, plusieurs dizaines de médecins, en blouses blanches, ont pris d’assaut la devanture du ministère de la santé. Ce, pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail. Sur les banderoles qu’ils déployaient, peut-on y lire entre autres : Le secteur de la santé s’écroule, il faut intervenir maintenant, le citoyen mérite une prestation médicale meilleure, on réclame des médicaments de qualité avec des prix uniformisés ou encore la gratuité des urgences.

Mais on pouvait également  voir sur les pancartes de ceux qui s’estiment « victimes comme leurs concitoyens de l’échec du secteur de la santé », des images de salles de soins dans un état pitoyable (sang versé sur les carreaux, des toilettes mal entretenus), et des médicaments vendus par n’importe qui et n’importe comment.

Selon Dr Haimed Ould Ahmed Salim, porte parole du syndicat des médecins spécialistes mauritaniens, ce sit-in est le deuxième du genre après un autre tenu il y a 15 jours. « Nous sommes là parce que nous en avons le raz le bol des mauvaises conditions de travail et de vie » s’est-il insurgé.

Comme l’éducation, les autorités mauritaniennes semblent se désintéresser du secteur de la santé aussi, depuis bien de moments. En conséquence, beaucoup des médecins s’occupent de leurs propres cabinets privés au détriment du public. A l’Hôpital National, aux urgences, chaque jour des patients meurent ou du moins frôlent la mort en attendant l’arrivée d’un médecin.

En marge du sit-in, un jeune infirmier témoigne du cas d’un accidenté arrivé aux urgences en week-end. « Au téléphone, le stagiaire m’a dit que le cas n’était pas grave parce que, justement, le médecin auquel il a soumis le cas au téléphone, lui a dit que ce n’était pas urgent». « Grande fut ma déception quand j’ai découvert tard dans la soirée que le patient était dans le coma » a-t-il rajouté.

De plus, à l’Hôpital National, tout se paye par le patient ; de la consultation, jusqu’ aux gants du médecin en passant par les seringues. On note également que la pharmacie de l’hôpital étant quasiment vide, il faut aller trouver les médicaments à l’extérieur. C’est d’ailleurs plus cher, à l’extérieur.

Les manifestations des médecins amèneront ils les autorités à constater la catastrophe que court le secteur de la santé et d’« intervenir maintenant »? C’est en tout cas l’espoir nourris par les syndicats. Pour l’heure, les mauritaniens continuent de peiner à se soigner correctement. Et cela, c’est de la responsabilité des autorités.