Depuis ce lundi 1er janvier 2018, la nouvelle ouguiya est disponible au près des banques. Exceptionnellement, les banques privées ont ouvert leurs portes un jour férié (1er janvier) pour accueillir la clientèle qui souhaite obtenir le nouveau « sésame ». A coup d’affiches, spots publicités et bannières, les institutions bancaires et le gouvernement incitent les mauritaniens à adopter la nouvelle monnaie. 

Les guichets automatiques des banques sont prises d’assaut par de nombreux curieux. Ils voulaient tenir entre leurs mains la nouvelle ouguiya. Ils examinent les billets, qui au toucher, rappellent celui du billet de 1000 en polymère de l’ancienne ouguiya. Selon Banque Centrale de Mauritanie, ce type de billets est plus difficile à contre faire.

La mise en circulation de la nouvelle monnaie entraine forcement le retrait de l’ancienne. C’est dans ce sens que la Banque Centrale de Mauritanie a mis en place un calendrier progressif pour le retrait des billets. Ainsi, jusqu’au 31/01: retrait de tous les billets de 5000 UM; Jusqu’au 28/02: retrait de tous les billets de 2000 UM; Jusqu’au 30/03: retrait de tous les billets de 1000 UM; Jusqu’au 30/06: retrait de tous les autres billets.

Tout le monde n’est pas emballé par la nouvelle ouguiya. 

Malgré les campagnes de communication que les mauritaniens ont subi ces vingt derniers jours, le scepticisme est de mise. En effet, l’argument brandi par le  Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz  le 28 novembre 2017 était de permettre à l’ouguiyas « de reprendre sa place dans les transactions financières, de protéger le pouvoir d’achat du citoyen et de réduire la quantité de la monnaie en circulation » n’emballe pas tout le monde.

Sceptiques 

« Je ne peux pas comprendre le fait que je dépose un million d’ouguiyas à la banque en  septembre 2017 et quand je viens faire un retrait en février 2018, on me donne cent mille ouguiya », réagit un passant, non loin de la Banque Populaire de Mauritanie. Comme lui, beaucoup ne comprennent pas le fait que la base passe de 10 à 1 et que la valeur reste la même. Le temps fera peut être les choses.

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Mais en attendant, au marché noir les gens se débarrassent de l’ouguiya ancienne au profit du dollar et de l’euros. Depuis l’annonce en novembre du changement de la monnaie, l’ouguiya ne cesse perdre de la valeur. Ceci contre carre en quelque sorte, le désir de l’Etat à pousser les mauritaniens à déposer leur argent dans des comptes en banque. Avant on gardait ses ouguiyas, maintenant ce sont des dollars et euros.

L’on se souvient que début décembre, la Banque Centrale de Mauritanie indiquait que tous les prix des biens et services seront indiqués obligatoirement dans l’ancienne et nouvelle monnaie. Ce, pendant trois ans. Ceci n’est pas encore effectif. Mais comme dirait l’autre, « laissons du temps au temps ».

Deadline

Soulignons par ailleurs, que selon la banque des banque la nouvelle ouguiya circulera en même temps que l’ancienne, pendant six mois. Durant ces six mois, « les anciens billets d’ouguiya et pièces peuvent être échangés contre les nouveaux auprès de tous les guichets de la Banque Centrale, des services du Trésor et auprès des agences des banques primaires » indique la BCM. Et à partir du 1er juillet 2018, toutes transactions se feront avec la nouvelle monnaie.

Mine de rien, c’est un véritable tour de force qu’a réussi le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz.

En effet, mauritaniens  n’ont appris ce changement de monnaie qu’un mois avant son entrée en vigueur. Ould Abdel Aziz a ensuite utilisé ses prérogatives pour contourner le parlement, pour le cadre légal. C’est d’ailleurs lors du conseil des ministres extraordinaire qui s’est tenu le 27 décembre 2017 que le projet d’ordonnance portant modification de la loi 73-135 du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale a été adopté. Soit, quatre jours avant le nouvel an.

Pour finir, rappelons que ces changements sont considérés comme une manière déguisée de dévaluer l’ouguiya. Chose que réfute avec vigueur la banque centrale de Mauritanie et les autorités mauritaniennes. Sur les ondes de RFI, le patron de la BCM déclarait « qu’il n’y a aucune crainte à avoir ». Les semaines à venir nous en diront certainement plus.

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