Le bureau du parlement des enfants dans l'hémicycle | Crédit photo : DisInfoArts
Le bureau du parlement des enfants dans l'hémicycle | Crédit photo : DisInfoArts

En Mauritanie, le parlement des enfants a été dépoussiéré. Après 9 ans de léthargie, 122 jeunes membres du parlement, issus des 57 moughataas du pays ont été choisis. Et parmi eux, 6 constituent le bureau exécutif, à la suite d’une élection qui s’est déroulée jeudi, 12 novembre 2020 à Nouakchott.

Quatre jours durant, le centre de formation pour la promotion féminine (CFPF) a accueilli les travaux de renouvellement du bureau du parlement des enfants ainsi que des ateliers et débats sur leur rôle dans un État de droit. L’activité coordonnée par la direction de l’enfance du ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) s’est déroulée en présence des autorités, de l’UNICEF ainsi que des accompagnateurs.

La protection de l’enfance est une priorité

Outre les ateliers et débats sur la protection de l’enfance et le renouvellement des bureaux, les jeunes parlementaires ont été reçus en audience par le premier ministre, la ministre des Affaires sociales de l’Enfance et de la Famille, le président de l’Assemblée nationale et le représentant résident de l’UNICEF en Mauritanie.

Le bureau du Parlement des enfants reçu par le premier ministre
Le bureau du Parlement des enfants reçu par le premier ministre – crédit photo : DisInfoArt

Ces rencontres ont été l’occasion pour les enfants de découvrir le fonctionnement de ces institutions, d’aiguiser leur curiosité en posant de nombreuses questions et d’écouter religieusement les conseils qui leur ont été prodigués.

Dans un mot prononcé durant la cérémonie d’ouverture, la ministre des Affaires sociales de l’Enfance et de la Famille, Mme. Naha Mint Haroune Cheikh Sidiya, a indiqué que la protection de l’enfance est une priorité de son département, qui ajoute-t-elle, a mis en place des programmes dont l’objectif est d’améliorer la situation des enfants en Mauritanie.

L’espoir
Selon elle, ils constituent la génération future et l’espoir du pays. Pour la ministre, le fait que son département ait renouvelé le parlement des enfants, après près de dix ans d’inactivité, illustre parfaitement l’intérêt accordé à la promotion du droit des enfants, notamment celui de l’expression dans l’espace public.

Le bureau du Parlement des enfants reçu par la ministre des Affaires sociales, de l'Enfance et de la Famille
Le bureau du Parlement des enfants reçu par la ministre des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille – crédit photo : DisInfoArt

De son côté, la députée et présidente du groupe parlementaire pour la protection de l’enfance, Mme khadijetou Mint Mohamed Yarba, a estimé que le parlement des enfants, est un cadre idéal pour le développement des compétences des jeunes, dans la prise de parole en public et la promotion de l’esprit critique. Selon l’élue, les enfants parlementaires seront au cœur du plaidoyer, de la mobilisation et de la sensibilisation sur les questions ayant trait à l’enfance.

Lutte contre la déperdition scolaire et l’amélioration de la situation des enfants vivants avec un handicap

En outre, la présidente du parlement des enfants, Mlle Hindou Mint Mohamed Hamed, issue de la wilaya Nouakchott Sud, estimé que le parlement offre un cadre de rencontre idéal et contribue à la culture des valeurs démocratiques. Parmi ses priorités durant les deux prochaines années, figurent la lutte contre la déperdition scolaire et l’amélioration de la situation des enfants vivants avec un handicap, entre autres.

Leçons de vie

Par ailleurs, au cours de la rencontre avec le représentant résident de l’UNICEF en Mauritanie, M. Marc Lucet, les jeunes sont revenus sur le processus qui a mené à la relance du parlement des enfants et l’élection du nouveau bureau. Les enfants ont attiré l’attention sur le fait qu’élire le bureau, notamment la présidente a été difficile, car tous voulaient être candidats.

Le bureau du Parlement des enfants reçu par le représentant résident de l'UNICEF en Mauritanie
Le bureau du Parlement des enfants reçu par le représentant résident de l’UNICEF en Mauritanie – crédit photo : DisInfoArt

Le haut responsable onusien a quant à lui, invité les enfants à retenir la leçon selon laquelle, peu importe le niveau de difficulté, tous les problèmes ont des solutions. Au passage, il a réitéré l’engagement de l’UNICEF à accompagner et impliquer les membres du parlement des enfants. Avant de finir, il leur a suggéré de lire et vulgariser la convention internationale des droits de l’enfant (CDE).

Modalités

Le parlement des jeunes, a été institué par le décret n°2009/126 du 19 avril 2009. A travers cet acte juridique, le parlement mis sous la tutelle du MASEF, est défini comme étant une école d’apprentissage des valeurs de démocratie et de citoyenneté. Les enfants parlementaires sont choisis suivant l’excellence scolaire. Leurs deux derniers bulletins de notes sont pris en compte.

En ce qui concerne la répartition géographique, les 57 moughataas ont chacune deux représentants. A noter tout de même qu’une discrimination positive est instituée en faveur des enfants en situation d’handicap qui ont six représentants tandis que ceux en conflit avec la loi en ont deux. Au parlement des enfants, la parité parfaite est de mise.

Son pouvoir

Afin d’exercer pleinement leurs fonctions, les jeunes parlementaires peuvent interroger le gouvernement sur les questions portant sur la protection, la survie et de développement de l’enfant. Et pour aller plus loin, ils peuvent proposer des projets de lois sur des questions spécifiques au développement des services sociaux de base et à la préservation des ressources naturelles.

La Mauritanie faut-il, rappeler a ratifié la convention des droits de l’enfant en 1991. Celle-ci, en son article 12, stipule que chaque enfant a le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant. Les jeunes élus pour un mandat de deux ans, se veulent
porteurs de la voix des enfants, auprès des autorités et les partenaires de développement. Ils ambitionnent de défendre les droits de l’enfant, notamment à travers la vulgarisation de la CDE, notamment ceux relatifs à l’éducation et à la protection.

Par Amadou SY

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