Le conseil constitutionnel s’est réuni mercredi 9 août 2017, pour discuter des résultats du référendum du 5 août courant. Dimanche dernier, la CENI a proclamé la victoire du OUI à plus de 85% et un taux de participation de près de 54%. Mais l’opposition, elle, crie au bourrage des urnes.Tous les yeux sont braqués sur le conseil constitutionnel. Nous réserve t-il des surprises?
Suite au référendum du 5 août 2017 où le « OUI » l’a largement remporté selon la CENI, le conseil constitutionnel est saisi pour la validation ou non des résultats. Il a tenu sa première réunion après référendum, ce mercredi 9 août. Les observateurs s’attendent à une validation. Le spectre de la fronde des sénateurs est tout de même là. Y aura t-il contagion? Les jours à venir nous en diront plus.
Stipendié, le conseil constitutionnel ?
De son côté, la  Convergence Démocratique Nationale (CDN), seul parti d’opposition ayant participé au référendum, a jusqu’au 20 août 2017 pour lui adresser un recours. Cependant, le président de la CDN, Mahfoudh  Ould Bettah, qui ne reconnait pas les résultats du scrutin, n’ira pas devant le conseil constitutionnel. Parce que, dit-il, « les institutions qui sont en charge de l’arbitrage des libertés ne font pas la mission que leur a confié la loi d’être le gardien de la liberté, une priorité essentielle ». Ould Bettah s’exprimait sur les ondes de RFI jeudi 10 août.
Les mauritaniens ont les oreilles et les yeux braqués sur le conseil constitutionnel. Ils se demandent s’il va oui ou non donner le coup d’envoi d’une troisième république. Comme les députés et la CENI, va-t-il laisser faire ou agira-t-il comme les sénateurs frondeurs? Ce sont les questions que bon nombre des citoyens se posent en dépit du désespoir de la CDN qui pense que le conseil constitutionnel, comme la CENI, est à la solde du pouvoir.

Rétrospective

Pour rappel, les mauritaniens ont été appelés, via un référendum, à se prononcer sur un certain nombre de questions relatives  à la constitution du pays. Parmi celles-ci figurent le  changement du drapeau national et la suppression du sénat et d’autres institutions. Le sénat devra être remplacé par des conseils régionaux.

Soulignons par ailleurs, que les partis politiques d’opposition regroupés au sein du  Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) et l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) ont mené un « boycott actif » contre le référendum. Ils estiment avoir réussi leur pari. « Les populations n’ont pas répondu à l’appel du pouvoir, il y a eu une fraude» clament-ils.

Dans dix jours, le conseil constitutionnel sera la dernière institution du pays à émettre son avis sur un référendum qui aura beaucoup fait parler de lui.

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