LeReflet – Grogne à la Fédération Mauritanie du Parti Démocratique Sénégalais (PDS Mauritanie). Les responsables établis en Mauritanie contestent l’investiture de Doudo Thiam plus connu sous le nom de Boubacar Thiam, aux législatives du 30 juillet prochain pour le Maghreb. La fédération promet une « réaction à la mesure de la décision unilatérale de la direction du parti ».

« La fédération est très remontée contre le parti, concernant les investitures » a déclaré d’emblée Ibou Badiane, Secrétaire Général du PDS Mauritanie. Il s’exprimait ce vendredi 16 juin au cours d’un point de presse, à Nouakchott. Badiane a dénoncé avec énergie « l’absence de consensus » dans le choix du candidat du Maghreb, crie au « un forcing ». Pour lui, « le vote populaire organisée à la va-vite n’est pas valable », puisque entachée « d’irrégularités ».

« Irrégularités »

Les militants de la première heure du PDS Mauritanie estiment que Pape Saer Gaye, Secrétaire Générale du PDS chargé de la Diaspora a organisé « un vote populaire le 16 mai dernier, sans définir les critères et encore moins prendre des dispositions organisationnelles ». L’un des responsables de la fédération affirme d’ailleurs que le « scrutin » a été organisé « en 2 heures ne laissant pas le temps aux militants de tous voter ».

En outre, la fédération PDS Mauritanie s’est dite surprise « d’apprendre par voie de presse l’investiture du sieur Doudo Thiam», alors qu’elle est « délégataire des pouvoirs du PDS en Mauritanie ». Pour elle, ceci est tout simplement « un manque de respect et de considération et une insulte à la fédération ».

Un mauritanien ?

Outre les conditions dans lesquelles s’est déroulé « le vote populaire », Abdoul Aziz Diop pointe du doigt le fait que « Doudo Thiam alias Boubacar Thiam détient la nationalité mauritanienne ». Pour lui, il est inconcevable que les « sénégalais du Maghreb soient représentés par un mauritanien ». D’où la « frustration de la communauté » et sa détermination à « ne pas se laisser faire ».

Vote… sanction

Prenant acte de la décision venue d’en haut, la fédération libérale compte  prendre des mesures à la hauteur de « la décision unilatérale de la direction du parti ». Avec verve, Ibou Badiane, Secrétaire Générale du PDS Mauritanie lance à l’assistance : « Le 30 juillet, jour de vote, nous sanctionnerons le parti ». Sanction, le mot est lâché. Nous nous dirigeons assurément vers une cassure, une confrontation au sein de la famille libérale en Mauritanie.

PDS et divisions

Au delà de la Mauritanie, les investitures du Parti Démocratique Sénégalais ont créé des remous. L’ancien ministre Habib Sy a par exemple été écarté, dans son fief à Linguère. Idem pour Ndeye Amy Dioum, membre du bureau politique du PDS et responsable fédérale de Thiès. Elle a gèle ses activités du bureau politique, rapporte Sud Quotidien.  Ceci vient s’ajouter aux frondes et scissions qui frappent le PDS depuis la défaite de Me Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012.

Pour rappel, c’est en Mauritanie que se trouve la plus grande communauté sénégalaise établie au Maghreb. Le député titulaire sera donc issu de la Mauritanie et son suppléant sera du Maroc, indique t-on. Notons que la zone Afrique du Nord englobe outre la Mauritanie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie.