Au crépuscule de sa carrière, il joue à la Bombonera, face à l’Argentine. On aime souvent pointer du doigt ses errements et son manque d’apport offensif. Mais capitaine Aly est l’un de nos prototypes, issue de la vague étant passée du championnat local qui se maintient comme il peut aux stades d’Europe.
On nous dira qu’il a joué en D2, ou dans des championnats de seconde zone. Dans un espagnol FLUENT (comme disent les anglophones), il laisse l’émotion l’envahir au micro de Bein Sport, derrière lui, un Rolll-up du champion du monde argentin. Lui, tout comme Hacen El Id, symbolise cette vision précoce, misant sur le tremplin COTIF et surfant sur la vague CHAN pour porter haut notre drapeau.
De ces différents événements, naît un narratif de plus en plus décomplexé. Notre football, avec tous ses défauts, procure des émotions, unis et nourrit des espoirs. Jadis joueurs de la sélection nationale des moins de 20 ans, tout droit sortis de nos bidonvilles, aujourd’hui ils jouent à la Bombonera.
Quelques heures avant ce match, j’ai assisté au lancement des championnats U-15, U-17, et U19. Les gosses n’avaient que cette rencontre la bouche, formulant la promesse un jour, de porter fièrement le maillot national. Chaarane jilli comme ils le disent souvent, après chaque petit pont ou une aile pigeon qui suspend le temps.
Mais au delà, on assiste à un passage de témoin. L’entrejeu des Mourabitounes a été géré haut la main par un jeune double pivot. Les deux ont évolué en petites catégories avant de voir les portes de l’équipe nationale s’ouvrir à eux. L’un formé en France, l’autre en Mauritanie.
Un jour, la Mauritanie sera assez attrayante pour que des poids lourds du football européens embrassent le maillot, renforçant nos petites locales. Mais attendant, une stratégie intelligente mettra l’accent sur la formation, SÉRIEUSEMENT et instaurer une vraie JUSTICE sportive pour donner son va-tout à chaque match.
Malgré la défaite (2-1), face au champion du monde, savourons ce moment fédérateur, loin de l’année cauchemardesque qui vient de s’écouler, espérant qu’il soit de bonne augure pour le reste. Le contenu de la rencontre était à la hauteur de l’enjeu. Si tire un peu sur la corde, on peut même prétendre obtenir un meilleur résultat. Les occasions d’Anne et Koita…
A ceux qui disent qu’il y a beaucoup de choses qui sont pas bien faites ou des personnes qui ne sont pas à leurs places, je dis oui, mais en reparlera un autre jour.
Amadou SY



