Aminetou Bilal a été reçue par le Chef de la Délégation de l’Union Européenne Giacomo Durazzo, ce mercredi 10 Janvier 2018. La Présidente de l’ONG Selfie Mbalite venait en sa qualité de membre du Youth Plug-in initiative afin de lui remettre l’Agenda Jeunesse. Cet agenda fait suite au sommet Union Européenne – Union Africaine qui s’est déroulé à Abidjan le 29 novembre 2017.
Remise de l’agenda jeunesse par Aminetou Bilal
Trente quatre jours après le sommet qui a réuni des chefs d’Etats et jeunes de l’Afrique et de l’Europe, Aminetou Bial est reçue par le représentant de l’Union Européenne en Mauritanie.
Pour elle, cette rencontre fut l’occasion de présenter la démarche des deux organisations qui « vise à impliquer les jeunes dans le partenariat entre l’Union Africaine et l’Union Européenne » pour les années à venir.
Revenant sur les objectifs du sommet d’Abidjan, Aminetou Bilal dira qu’il a « offert aux jeunes des deux continents une nouvelle occasion de jouer un rôle plus actif dans la revitalisation du partenariat UA-UE ». Ce, dans l’esprit du thème du sommet : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ».
Soulignons en outre qu’au sortir du sommet, le Youth Plug-in Intiative a été lancé. Il est constitué de 36 youth fellows (36 jeunes dont Aminetou Bilal) représentants les deux continents. Ils ont couché sur papier des propositions concrètes pour faciliter et promouvoir le partenariat Afrique UE couvrant six domaines. Pour tout savoir sur l’agenda jeunesse, cliquez ICI.
Le Conseil des Ministres s’est réuni le jeudi 11 janvier 2018 sous la Présidence du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz. Plusieurs projets de loi ont été adoptés et aucune nomination n’a été enregistrés. Voici le communiqué sanctionnant les travaux du dit conseil des ministres.
Le Conseil a examiné et approuvé les projets loi suivants :
– Projet de loi d’orientation relative à la Stratégie Nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP).
Le présent projet de loi abroge et remplace la loi n°2001-05 relative à la lutte contre la pauvreté. Il a pour objet de déterminer les orientations politiques constituant le cadre de référence en matière de Stratégie Nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité partagée. Il tient également compte des réformes en cours dans les domaines des finances publiques et de la décentralisation.
– Projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2017-001 du 27 décembre 2017 portant modification de la loi n°73-135 du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale.
– Projet de loi relatif à la production, l’importation, la distribution, la commercialisation, la publicité, la promotion et la consommation du tabac et de ses produits.
Le présent projet de loi vise à mettre en place un système juridique permettant d’engager la responsabilité civile et pénale de l’industrie et des importateurs du tabac en cas de préjudice lié à l’usage du tabac ou à ses produits.
Le Conseil a examiné et adopté les deux projets de décrets suivants :
– Projet de décret abrogeant et remplaçant le décret n°2009-224 en date du 29 octobre 2009 fixant les conditions d’emploi de la main-d’œuvre étrangère et instituant le permis de travail pour les travailleurs étrangers.
Le présent projet de décret a pour objectif de fixer les règles générales d’emploi de la main d’œuvre étrangère, les interdictions, les limitations en la matière ainsi que les priorités accordées à la mauritanisation des emplois.
– Projet de décret modifiant certaines dispositions du décret N°2016-138 du 21 juillet 2016 portant création de l’Université de Nouakchott Al Asriya et fixant les règles de son organisation et fonctionnement.
Le présent projet de décret tend à finaliser les mécanismes de gestion administrative et académique de l’Université de Nouakchott Al Aasriya. Il prévoit plus d’autonomie aux établissements relevant de cette université et la possibilité de création d’autres établissements (facultés et instituts).
Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, a présenté une communication relative à la situation internationale.
Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.
Le Ministre de l’Economie et des Finances a présenté une communication relative à la feuille de route des réformes Doing Business 2018-2019.
Cette communication présente les grandes lignes d’une feuille de route de 32 actions à réaliser ou à entamer en 2018 dans le cadre de nouvelles réformes Doing Business pour le cycle 2018-2019.
La Ministre de l’Elevage a présenté une communication relative à l’ouverture à la concurrence de l’activité d’abattage des animaux destinés à la consommation humaine.
Cette communication propose l’ouverture à la concurrence de l’activité d’abattage des animaux destinés à la consommation humaine pour combler le déficit en matière d’infrastructures d’abattage et favoriser la formalisation des activités traditionnelles dans ce domaine .
L’information est passée quasiment inaperçue. L’assemblée nationale a adopté un projet de loi organique portant augmentation du nombre de députés qui siègent à l’assemblée nationale. Il s’agit d’une augmentation de huit sièges, dont quatre qui représenteront la diaspora mauritanienne. Le projet de loi organique a été adopté lundi 8 janvier 2018.
Depuis les dernières législatives (2013), l’assemblée nationale est composée de 147 députés. Ce chiffre va évoluer avant les élections législatives et communales qui se profilent à l’horizon. En effet, l’assemblée nationale a adopté le projet de loi organique pour augmenter le nombre de députés. Sur les huit sièges annoncés, quatre représenteront les mauritaniens de l’étranger.
Selon le ministre de l’intérieur et de la décentralisation Ahmedou Ould Abdalla, «le projet de loi définit le mécanisme de l’élection des députés représentants les mauritaniens vivants à l’étranger, de sorte qu’ils soient élus par un corps électoral composé de députés de l’Assemblée nationale ». Le ministre ajoutera que les députés représenteront « quatre circonscriptions électorales, un député pour chacune à savoir : l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Amérique ».
Députés élus par… des députés
Il est louable que les mauritaniens de l’étranger aient des représentants (députés) qui parleront à leur place. Par contre le mode d’élection peut être sujet à controverse. En effet, dans l’état actuel des choses, les futurs députés de l’étrangers seront élus par un collège électorale composé de leurs collègues députés à la même assemblée nationale. Or, la logique voudraient qu’ils soient élus directement par les mauritaniens qui vivent à l’étranger. Ce point sera t-il révisé? Les jours à venir nous en diront certainement plus.
La caution de candidature à la députation revue à la baisse
Par ailleurs, les autorités mauritaniennes comptent ajouter un siège supplémentaire à quatre régions. Il s’agit des circonscriptions de Kaédi, Tintane, Aleg et Nouadhibou « ayant atteint le seuil de représentation par 4 députés » précise t-on. Autrement dit, la démographie dans ces zones leur permet d’avoir quatre représentants.
En outre, notons que la caution de candidature à la députation a été revue à la baisse. A en croire le ministre de l’intérieur, la caution passe de 20 000 MRU à 10 000 MRU. Dans même sens, le suffrage de remboursement est fixé à 3%. Soulignons au passage que toutes ses réformes sont faite en prélude des scrutins attendus en 2018. 2018 sera, sauf changement, une année électorale en Mauritanie.
Legouvernement mauritanien est réuni en conseil des ministres, ce jeudi 11 janvier 2018. La réunion hebdomadaire se déroule au palais présidentiel, sous la présidence du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz. Cette réunion intervient quelques jours après l’adoption du projet de loi sur la décentralisation et l’augmentation du nombre de députés à l’assemblée Nationale entre autres.
De plus en plus, les jeunes sont impliqués dans la planification et prise de décisions les concernant. Beaucoup d’initiatives ont vu le jour, certaines mauvaises, d’autres bonnes et toutes portées par des jeunes. LeReflet.NET s’est entretenu avec Aminetou Mint Bilal Présidente de l’ONG Selfie Mbalite. Elle revient sur les travaux du sommet mixte Union Européenne Union Africaine qui s’est tenu fin 2017 à Abidjan.
Notons que cet entretien a été réalisé en marge de la restitution du dit sommet, organisé samedi 30 décembre 2017 au Musée National. Ce fut l’occasion d’aborder les travaux du Youth Plug-in Initiative et le devenir de ces travaux. Pour en savoir plus cliquez ici.
La liste des 23 mourabitounes qui disputeront le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2018), a été dévoilée ce lundi 08 janvier 2018. L’annonce a été faite par le sélectionneur national Corentin Martins, au cours d’une conférence de presse organisée à la fédération mauritanienne de football (FFRIM). La Mauritanie disputera le match d’ouverture contre le Maroc, pays organisateur.
A cinq jours du coup d’envoi du CHAN 2018, la Mauritanie connait ses représentants. Ils sont 23 joueurs qui évoluent dans le championnat national à faire le déplacement au Maroc. Les deux clubs phare du pays se taillent la part du lion. Le Club orange (FC Nouadhibou) est représenté par 8 joeurs. Il est suivi par FC Tevragh Zeina avec 6 joueurs. Le groupe prendra s’envolera vers le royaume chérifien le 10 janvier 2018, indique la FFRIM.
CHAN 2018 : Les 23
Pour rappel, la Mauritanie disputera le samedi 13 janvier 2018 le match du CHAN 2018 face au pays hôte, le Maroc. Notons que les deux autres équipes qui composent le groupe A sont la Guinée et le Soudan. La Mauritanie avait créé la surprise en se qualifiant en 2014, cette fois on en attends beaucoup plus.
Nouvelle ouguiya, tout le monde n’a plus que ces mots à la bouche. Depuis ce 1er janvier 2018, la Banque Centrale de Mauritanie a mis en circulation une gamme de pièce et billets. La base 10 à 1, mais la valeur reste la même dit-on. Tout le monde n’est pas encore au même niveau de compréhension. Décryptage de Big Baba.
Une minute durant, notre Big Baba national tente de nous édifier sur les tenants et aboutissants de la nouvelle ouguiya. C’est un exercice périlleux auquel s’est livré le présentateur du JT décalé Chi-Taari Citoyen. Notez que ceci est un extrait de l’épisode un de Chi-Taari Citoyen produit par Zaza Productions. Regardez !
Depuis ce lundi 1er janvier 2018, la nouvelle ouguiya est disponible au près des banques. Exceptionnellement, les banques privées ont ouvert leurs portes un jour férié (1er janvier) pour accueillir la clientèle qui souhaite obtenir le nouveau « sésame ». A coup d’affiches, spots publicités et bannières, les institutions bancaires et le gouvernement incitent les mauritaniens à adopter la nouvelle monnaie.
Les guichets automatiques des banques sont prises d’assaut par de nombreux curieux. Ils voulaient tenir entre leurs mains la nouvelle ouguiya. Ils examinent les billets, qui au toucher, rappellent celui du billet de 1000 en polymère de l’ancienne ouguiya. Selon Banque Centrale de Mauritanie, ce type de billets est plus difficile à contre faire.
La mise en circulation de la nouvelle monnaie entraine forcement le retrait de l’ancienne. C’est dans ce sens que la Banque Centrale de Mauritanie a mis en place un calendrier progressif pour le retrait des billets. Ainsi, jusqu’au 31/01: retrait de tous les billets de 5000 UM; Jusqu’au 28/02: retrait de tous les billets de 2000 UM; Jusqu’au 30/03: retrait de tous les billets de 1000 UM; Jusqu’au 30/06: retrait de tous les autres billets.
Tout le monde n’est pas emballé par la nouvelle ouguiya.
Malgré les campagnes de communication que les mauritaniens ont subi ces vingt derniers jours, le scepticisme est de mise. En effet, l’argument brandi par le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz le 28 novembre 2017 était de permettre à l’ouguiyas « de reprendre sa place dans les transactions financières, de protéger le pouvoir d’achat du citoyen et de réduire la quantité de la monnaie en circulation » n’emballe pas tout le monde.
Sceptiques
« Je ne peux pas comprendre le fait que je dépose un million d’ouguiyas à la banque en septembre 2017 et quand je viens faire un retrait en février 2018, on me donne cent mille ouguiya », réagit un passant, non loin de la Banque Populaire de Mauritanie. Comme lui, beaucoup ne comprennent pas le fait que la base passe de 10 à 1 et que la valeur reste la même. Le temps fera peut être les choses.
Mais en attendant, au marché noir les gens se débarrassent de l’ouguiya ancienne au profit du dollar et de l’euros. Depuis l’annonce en novembre du changement de la monnaie, l’ouguiya ne cesse perdre de la valeur. Ceci contre carre en quelque sorte, le désir de l’Etat à pousser les mauritaniens à déposer leur argent dans des comptes en banque. Avant on gardait ses ouguiyas, maintenant ce sont des dollars et euros.
L’on se souvient que début décembre, la Banque Centrale de Mauritanie indiquait que tous les prix des biens et services seront indiqués obligatoirement dans l’ancienne et nouvelle monnaie. Ce, pendant trois ans. Ceci n’est pas encore effectif. Mais comme dirait l’autre, « laissons du temps au temps ».
Deadline
Soulignons par ailleurs, que selon la banque des banque la nouvelle ouguiya circulera en même temps que l’ancienne, pendant six mois. Durant ces six mois, « les anciens billets d’ouguiya et pièces peuvent être échangés contre les nouveaux auprès de tous les guichets de la Banque Centrale, des services du Trésor et auprès des agences des banques primaires » indique la BCM. Et à partir du 1er juillet 2018, toutes transactions se feront avec la nouvelle monnaie.
Mine de rien, c’est un véritable tour de force qu’a réussi le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz.
En effet, mauritaniens n’ont appris ce changement de monnaie qu’un mois avant son entrée en vigueur. Ould Abdel Aziz a ensuite utilisé ses prérogatives pour contourner le parlement, pour le cadre légal. C’est d’ailleurs lors du conseil des ministres extraordinaire qui s’est tenu le 27 décembre 2017 que le projet d’ordonnance portant modification de la loi 73-135 du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale a été adopté. Soit, quatre jours avant le nouvel an.
Pour finir, rappelons que ces changements sont considérés comme une manière déguisée de dévaluer l’ouguiya. Chose que réfute avec vigueur la banque centrale de Mauritanie et les autorités mauritaniennes. Sur les ondes de RFI, le patron de la BCM déclarait « qu’il n’y a aucune crainte à avoir ». Les semaines à venir nous en diront certainement plus.
Le gouvernement mauritanien a tenu un conseil des ministres extraordinaire, ce mercredi 27 décembre 2017. Trouvez ci dessous, le communiqué sanctionnant les travaux de la réunion présidée par le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le Conseil a examiné et adopté un projet de loi modifiant les dispositions de l’article 3 de la loi 64-130 du 14 juillet 1964 fixant le statut des officiers de l’armée active et de la réserve.
Le Conseil a également examiné et adopté un projet d’ordonnance portant modification de la loi 73-135 du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale.
Le présent projet d’ordonnance vise à mettre en place les conditions juridiques nécessaires pour la conduite, dans les délais requis, de la reforme de la base de l’unité monétaire nationale.
Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, a présenté une communication relative à la situation internationale.
Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.
Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :
Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération
Cabinet du Ministre:
Inspection Interne:
Inspecteur : El Alem Ould Abdel Baghi, précédemment Chargé d’Affaires en Libye
Administration Centrale:
Direction Amérique, Asie et Océanie:
Directrice : Mariem Mint Awfa, précédemment Ambassadeur à Rome
Direction de la Coopération Internationale:
Directeur : Jarr Inalla, précédemment premier Conseiller à Genève
Direction Europe:
Directeur Adjoint: Sall Abdoulay Amadou, précédemment Directeur Adjoint de la Coopération Internationale
Direction de la Communication et de la Documentation:
Directeur : Mohamed Ould Tetta, Professeur d’Université.
Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation:
Administration Territoriale:
Wilaya du Tagant:
Moughataa de Tidjijka:
Hakem: Ahmed Miské Mohamed, Administrateur Civil, précédemment , Wali Mouçaid de Guidimagha, en remplacement de Abdellahi Ould Taleb admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Trois mois de prison avec sursis, c’est le verdict du procès des cinq militants des Droits de l’Homme rendu ce jeudi 21 décembre 2017 au palais de justice de Nouakchott. La peine est assortie d’une amende de cinq mille ouguiyas, chacun. Les cinq faut-il le rappeler, avaient été poursuivis pour violence en vers des agents de la force publique, en marge de la marche de l’opposition du samedi 16 décembre 2017.
« Nous ne sommes pas satisfaits, nous allons faire appel » a déclaré Me Bah Ould M’bareck membre du pool des avocats de défense. Dia Alassane, président du mouvement Touche Pas A Ma Nationalité va dans le même sens. « Je suis content qu’ils soient libres, mais regrette qu’ils aient été condamné à tort », confie Dia Alassane à votre site LeReflet.NET après l’annonce du verdict.
Revenons sur les faits
Tout a commencé le soir du samedi 16 décembre 2017, à Nouakchott. Neuf personnes sont arrêtées, accusées d’avoir brandi l’ancien drapeau au cours de la marche de l’opposition. Gardés à vue en prison, cinq sur les neuf militants seront conduits devant le procureur en début de semaine. Mardi, les faits qui leur sont reprochés sont requalifiés. Désormais, ils sont inculpés pour violence contre des agents de la force publique. Dans la foulée, les cinq militants sont placés sous mandat de dépôt et déposés à la prison de Dar Naim.
Ils ont attendu leur procès en cage.
Le procès
Etant donné que c’est la procédure de flagrant délit qui est appliquée, le groupe des cinq militants devait être jugé le plus tôt possible. C’est désormais chose faite, depuis ce jeudi 21 décembre 2017. Ce matin, beaucoup ont déserté leurs bureaux pour assister au procès des cinq militants des Droits de l’Homme. Tout le monde finira par entrer, à midi et demi, la salle était quasi pleine.
Il est 13 heures quand les choses sérieuses commencent. Les cinq militants (noms) sont dans le box des accusés. Ils semblent aller bien. Tour à tour, ils répondent aux questions du juge. Ce dernier leur pose les mêmes questions pour établir si oui ou non les accusés sont de connivence. On leur a par exemple demandé s’ils se connaissaient, si oui depuis quand…
Réquisitoire
Ensuite la parole a été donnée au Substitut du Procureur qui représente le parquet général. Il n’est pas allé par quatre chemins. Dans un bref réquisitoire (en moins de trois minutes), le Substitut a requis une peine de trois mois de prison ferme. Pour lui, les cinq militants sont coupables de violence à l’encore d’agents des forces de l’ordre. A la suite du procureur, quatre avocats de la défense se succèdent pour plaider en faveur de leurs clients.
Plaidoiries
« Aucun texte de notre arsenal juridique ne sanctionne l’utilisation de l’ancien drapeau » a déclaré un des avocats de la défense. Or, c’est pour avoir brandi l’ancien drapeau que ces cinq militants se retrouvent à la barre des accusés. En effet, le premier procès verbal de la police indique « qu’ils ont distribué plusieurs drapeaux et en ont brandi eux même », d’où l’arrestation le samedi 16 décembre 2017. Les faits ont donc été requalifiés dans le second. Dans ce dernier, on parle de jets de pierre contre les forces de l’ordre…
Mais les avocats de la défenses sont pas d’accord. Avec verve et une certaine dose d’ironie, un des avocats de la défense souligne « l’absence flagrante de preuves, de témoin ». D’après lui, c’est d ‘ailleurs ce qui explique le fait que le substitut du procureur requiert 3 mois de prison seulement. Dans la salle, l’assistance semble être du même avis. Il est 14h passé, le juge suspend la séance.
Séance suspendue
La salle se vide lentement, dans l’atmosphère, on sent déjà une ambiance de victoire. Dans la foule, on aperçoit quelques figures connues. Il s’agit de leaders de partis politiques, organisateurs de la marche du samedi 16 décembre 2017 à Nouakchott. Parmi eux, Kadiata Malick Diallo, Ould Khlil (Vice Présidents de l’UFP), Mohamed Mahmoud Ould Lematt (Vice Président du RFD) qui a revetu sa toge d’avocat et Yahya Ould Ahmed Waghef (ADIL) ancien Premier Ministre, pour ne citer que ceux là.
Dehors, ça prie, vadrouille, se déshydrate, grignote… Bien que fatigués avec des occupations mis en suspend, le gros de l’assistance est resté pour la suite du procès. Il est 15 h 03 mn, la pause est finie. On regagne la salle d’audience. Les hostilités reprennent avec une série de plaidoiries des quatre avocats de la défenses qui n’avaient pas encore plaidé. Comme leurs pairs, ils sont se sont attelés à démonter le réquisitoire du procureur.
« il est facile d’accuser mais difficile de prouver »
C’est à cette occasion que Me Ahmed Ould Ely qui parcours le second procès verbal établit par la police, s’étonne et lit « nous avons pas de témoins parce que ce n’était pas nécessaire puis qu’il n’y a pas eu de blessures ». Pour lui, ceci est une manière détourné d’avouer qu’il n’y a tout simplement pas de témoins et que le dossier est vide. Selon Me Ghali, « il est facile d’accuser mais difficile de prouver » avant d’ajouter que ce procès en est l’illustration parfaite.
Délibération
Notons par ailleurs que Me Ould Lemat (dernier avocat à plaider) a souligné que l’affaire « est hautement politique », avant d’appeler à l’acquittement des cinq militants sur le banc des accusés. Il est 16h 12mn, fin des plaidoiries. Le juge se retire pour délibérer. Pendant ce temps, on spécule sur le verdict qui sera rendu. Chacun y va de son commentaire.
Verdict
Après plus d’une heure d’attente, tout le monde est invité à prendre place dans la salle pour la délibération. Il est 17h 45mn. Mais le juge n’est tarde à venir. On constate que l’effectif des policiers présents dans la salle a doublé. L’attente devient lourd, insoutenable. Dix minutes plus tard, c’est la délivrance. Le juge annonce le verdict : 3 moins de prison avec sursis. Dans la salle, explosion de joie.
Mauritanie – Les militants après leur libération ce jeudi 21 décembre 2017
Dans la foulée, l’assistance quadrillée par police est invité à quitter la salle d’audience. Elle s’exécute dans un brouhaha qui rappelle l’ambiance des cours d’écoles. Au moment où nous mettons sous presse (21h GMT), les cinq sont libres et ont regagnés leurs domiciles respectifs. Ils auront passé deux nuit à la prison de Dar Naim.
La Mauritanie faut-il le rappeler, est secouée par une série de marches de l’opposition depuis la campagne référendaire. L’opposition conteste les résultats du référendum du 5 août 2017. De leurs côté, des organisations de Droits de l’Homme tirent la sonnette de l’alarme. Ils dénoncent des privations de libertés…
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