Liberté de la presse: la Mauritanie pointe à la 97e place du classement de RSF

L’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a rendu publique son classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde, ce mardi 21 avril 2020. La Mauritanie perd 3 points par rapport au dernier baromètre et classe 97e sur 180 pays. 

Jadis champion du monde arabe avec 48 points (en 2013), la Mauritanie continue de dégringoler au classement sur la liberté de la presse de RSF.  L’organisation qui salue la libération de Mohamed Ould Mkheitir, condamné pour apostasie en 2014, regrette tout de même la coupure d’Internet au lendemain de la présidentielle qui a vu le Président Ghazouani accéder à la magistrature suprême.

RSF note également que « plusieurs journalistes et blogueurs critiques du pouvoir avaient été arrêtés » soulignant au passage que des journalistes « s’autocensurent quand ils doivent couvrir » des sujets dits tabous. RSF rappelle d’ailleurs que « les autorités n’ont pas hésité à expulser, pour la deuxième fois en un an, un journaliste étranger qui enquêtait » sur l’esclavage.

En Afrique la Namibie sauve l’honneur et conserve sa place de 23e au niveau du globe. Le pays qui a des garanties solides était également 2e l’année passée. Mais globalement,  « la liberté de la presse reste très fragile en Afrique subsaharienne » estime RSF.

Si pour RSF, la chute de nombreux dictateurs a permis de desserrer un peu l’étau sur les journalistes dans ces pays, elle précise  cependant que « les changements profonds, seuls à même de favoriser l’essor d’un journalisme de qualité, libre et indépendant, sont encore trop rares ».

Au chapitre des reculs, on notera la situation du Bénin  où le journaliste Ignace Sossou croupit en prison depuis décembre en vertu d’une loi sur le numérique jugée liberticide par les observateurs et défenseurs de la liberté de presse et d’expression.

Reporters Sans Frontières attire l’attention sur les « nouvelles lois répressives qui, au nom de la lutte contre la désinformation ou de la cybercriminalité, peuvent être utilisées pour restreindre abusivement la liberté d’information ».

Pour télécharger le classement, cliquez ici.

TRIBUNE: De Penda Sogué à Kadiata Sow : la banalisation du viol et de l’assassinat…

De Penda Sogué à Kadiata Sow : la banalisation du viol et de l’assassinat au cœur d’une république islamique (Adi)…

Penda Sogué, 20 ans, violée, mutilée, les yeux arrachés, un couteau planté dans le visage jusqu’à la nuque, mars 2013 à Tarhil, Kadji Touré, 6ans, violée et tuée, jetée sur une plage, octobre 2013 à Kouvé, Zineb mint Abdellahi, 10ans, violée et immolée par le feu, elle succombe à ses blessures, décembre 2014 à Arafat, Roughya mint Ahmed, 8ans, violée et pendue, février 2016 à Arafat, Zeinabou, 15 ans, violée et malmenée à Arafat, aout 2017(liste non exhaustive des femmes et fillettes violées et assassinées par le passé), et hier 12 avril 2020, Kadiata Sow, la trentaine, portée disparue depuis le 25 mars, est retrouvée assassinée après avoir été probablement violée aux environs de Tiguent.

Si tous ces viols accompagnés d’assassinats atroces d’une rare violence dépassant toutes les proportions de l’entendement humain, ne suffisent pas aux yeux d’un homme pour dire qu’il y a négligence – pour ne pas dire complicité voire encouragement – de la part des autorités quant à la protection des femmes et des petites filles, ce que ce dernier est aussi dangereux que le coronavirus.

Rien n’a été fait depuis Penda Sogué

Depuis Penda Sogué, qui n’est certainement pas la première ni la deuxième victime de viol suivi d’assassinat, elle est seulement l’exemple parfait pour évoquer ce phénomène qui devient un style de vie maintenant à cause du laisser aller qui prévaut, qu’est ce qui a été fait par nos autorités ? Sur les plans sécuritaire, juridique, éducatif. Rien. Au contraire, on participe même à parsemer le chemin d’embûches devant des citoyens qui ne demandent qu’à contribuer à la tranquillité et à la sécurité de leurs concitoyens. C’est ainsi qu’on refusera de collaborer avec les développeurs de « Taxi secure » en leur fournissant les données disponibles sur les taxis.

Rien n’a été fait sinon que de viol en viol, d’assassinat en assassinat on met quelques policiers sur les traces des criminels. Si par hasard les coupables sont arrêtés, ils sont jugés et emprisonnés ou libérés après un arrangement à l’amiable entre parents des violeurs et ceux de la violée. Ce qui est un autre problème du problème si je puis m’exprimer ainsi. Rien n’a été fait ; au tribunal, la victime devient toujours le coupable (zina). Rien n’a été fait ; on est toujours libre (les mariés comme les non mariés) de faire plein d’enfants et les laisser traîner dans la rue sans éducation, qui deviennent par la suite des potentiels criminels sans pitié.

Les femmes sont triplement violées
En Mauritanie, derrière une femme violée et assassinée c’est certes un homme qui se cache mais derrière celui-ci se cachent toute une société et toute une république. Les femmes n’ont jamais cessé d’être violées. D’abord par la société qui ne cesse de leur rappeler leur statut de femme, d’être faible mais qui surtout doit toujours voir l’homme comme un demi dieu au point de ne rien faire par elle-même et pour elle-même mais toujours compter sur « son demi dieu ». Ensuite par un homme devenu violeur parce que ni ceux qui l’ont mis au monde ni l’Etat ne se sont préoccupés entre temps de son éducation et de son intégration sociale. Et enfin par l’Etat, encore une fois, qui ne semble toujours pas se soucier de la mise en place d’un arsenal sécuritaire et juridique protégeant la femme aussi ; au contraire les lois existantes enfoncent davantage la femme.

L’assassinat de Kadiata Sow est une autre occasion de remettre sur la table la problématique des violences faites aux femmes et aux fillettes. Des violences qui deviennent de plus en plus fréquentes si bien qu’elles paraissent banales. Elles n’émeuvent plus beaucoup de gens. Depuis peu, le viol seul ne suffit plus à faire réagir. Chi adi. Commis par des « religieux » et des pères de familles sur leurs propres filles. Il faut qu’il soit accompagné de la mort. Et quelle mort ? Une mort atroce où en plus des coups de chair des coups de couteau ou tout autre instrument du genre se retrouvent dans les parties génitales et sur toutes les autres parties du corps de la femme fini déchiqueté par des sadiques.

Plus que la violence, c’est le meurtre qui devient banal

Mais au-delà de cette question de violence faites aux femmes et aux fillettes, ce qui inquiète le plus c’est qu’on tend vers une banalisation de l’assassinat s’il ne l’est pas déjà, au cœur d’une république islamique tant-il est présent dans les lignes de nos journalistes. Pas un mois ne passe sans qu’il ne soit question d’assassinat ou de tentative de meurtre à coup de poignard, de pistolet, de gourdin… Ces trois dernières années ont été particulièrement marquées par la criminalité. Et nul ne peut nous dire que les victimes étaient des trainards (ce qui est d’ailleurs une manière stupide de justifier une agression ou un meurtre). Du professeur Cheikh ould Hormatallah en mai 2018 en passant par Ould Berrou en mars 2019, à Kadiata Sow en avril 2020.

Les autorités au lieu d’être dans la prévention sont toujours dans la logique de médecin après la mort : Courir après les criminels ; souvent les mêmes personnes relâchées par la justice avant l’heure. Des fois et comme par hasard la police ne parvient jamais à mettre la main sur les coupables. On se pose toujours des questions sur le meurtre sans doute planifié de l’un des juristes mauritaniens le plus brillant de sa génération, l’avocat Ould Hormatallah.

Qui est la solution ?
A quand la fin de ce cauchemar dont les femmes, les fillettes et tous les paisibles citoyens cherchent à se réveiller depuis bien des années ? Une chose est sûre est qu’on ne peut pas trop compter sur nos gouvernants si on ne les bouscule pas. Les propos d’un porte-parole du gouvernement de l’année passée (En réalité en Mauritanie avec le pouvoir militaire il n’y a jamais eu vraiment de différence entre les gouvernements) sont encore très frais dans nos mémoires. Qui, interpellé sur l’insécurité à Nouakchott, n’a pas trouvé mieux comme réponse que c’est dû au fait que « Nouakchott grandit jour après jour horizontalement», que « comparé à la situation dans les capitales comme Paris, Washington ou Moscou, entre autre, Nouakchott est somme toute dans une bien meilleure situation » et que d’ailleurs de toutes les façons les criminels sont poursuivis, appréhendés et présentés à la justice.

Comprenons :
Aujourd’hui, Nouakchott échappe au contrôle de l’Etat ou l’Etat est incapable ou plutôt ne se fiche pas d’assurer la sécurité à toute la population nouakchottoise notamment celles des quartiers périphériques. Ce qui est une vérité certaine. Aujourd’hui en plein en couvre feu, des agressions et des cambriolages des magasins sont enregistrés presque chaque jour dans ces banlieues.

Tant qu’il y a des crimes chez les autres, en Mauritanie on continuera de voir cela comme une situation normale. Sauf que là on oublie de souligner qu’il n y a pas que cela dans les villes citées. Si on veut vraiment mettre Nouakchott dans le même rang que ces villes. Les autorités se contenteront de faire le constat.

Boubou Yatou Thiam

Les aventures de SABOUN et MAK GRESH : entretien avec Isabel Fiadeiro

La Mauritanie et ses talents sont à pied d’œuvre pour sensibiliser contre la propagation du covid19. Se rendre utile en cette période de confinement, c’est le challenge que la dessinatrice et peintre Isabel Fiadeiro tente de relever. Dynamique et reconnue pour son travail, Isabel nous accorde la publication des aventures de SABOUN et MAK GRECH dans les colonnes de votre journal. Mais avant, nous proposons cet entretien qu’elle nous accordé.

Horizon : Bonjour Madame, merci d’avoir nous accorder un peu de votre temps. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Isabel : Je suis Isabel Fiadeiro, je suis portugaise et j’habite en Mauritanie depuis 2004. Je suis artiste peintre et dessinatrice. J’ai une galerie d’art et d’artisanat à Nouakchott, depuis 2012. Je collabore avec des artisans et des artistes mauritaniens, mais aussi des artistes et créateurs de la région voire d’ailleurs.

Horizon : Quelle est la différence que vous faites, entre peintre et dessinateur ?

Isabel : Pour moi le dessin, de la façon dont je le pratique, c’est comme un journal que j’anime à travers un blog. Le contenu est tiré de mes croquis que je fais un peu partout, dans la rue. Je dessine donc d’observation directe. Avec la peinture c’est un travail parallèle qui demande plus d’imagination et de création. Je pense qu’il s’agit de deux choses différentes. Et là avec la série sur laquelle je travaille en ce moment, c’est encore un autre monde que j’explore.

Horizon : ZeinArt Concept a huit ans aujourd’hui, pouvez-vous nous décrire ce que vous faites concrètement ?

Isabel : ZeinArt  Concept se trouve à l’Ilot C, constitué d’une galerie et un atelier l’atelier avec mon mari, qui lui, travaille le bois. Un designer. Nous sommes dans le milieu artistique, artisanal et créateur aussi. Notre méthode de travail est celle du dépôt. C’est-à-dire que l’on travaille directement avec les artisans et artistiques qui rapportent chaque semaine leurs produits. On travaille également avec eux sur certains aspects de leurs créations pour améliorer le travail formidable qu’ils font déjà.

Horizon : Vous avez décidé très tôt de fermer votre galerie, comment en êtes-vous arrivés là ?

Isabel : Depuis le 14 mars, au lendemain de l’annonce du premier cas de coronavirus au pays, on a décidé très tôt comme mesure de prévention, de fermer la galerie et nous mettre auto-confinement parce que nous avons beaucoup de contacts avec des mauritaniens, des étrangers. Nous avons vu ce qui se passe dans le monde et comprenons que chacun peut être un porteur du virus. Nous avons pensé que la prévention était le remède.

Nous sommes très préoccupés parce que la majorité des artisans locaux venaient chaque mardi, jour de dépôt, ils ramenaient leurs nouveaux produits faits à la main. Mardi c’est aussi le jour de paie, où on leur remet les gains issus de leurs produits vendus la semaine précédente. Je ne pensais comment on va faire pour la suite. Nous sommes en contact avec eux mais beaucoup sont partis en brousse.

Horizon : Deux semaines après la suspension de vos activités, le confinement a-t-il un impact positif sur votre productivité ?

Oui. On va dire qu’entre la galerie, le travail auquel je contribue à l’institut français de Mauritanie et Teranim pour les arts dont je suis membre, cela beaucoup d’activités. Je devais également faire des visites d’ateliers et m’occuper de pleins de choses, mais d’un jour à l’autre nous avons dû aller plusieurs expositions prévues avec l’institut. Il en est de même pour les concerts et le festival « leyali el medh » de Teranim est reporté. Donc tout d’un coup, on se retrouve à la maison avec peu de travail beaucoup de temps. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Le message que j’ai envoyé aux artistes : ce qu’on peut faire c’est continuer à travailler, penser et créer.

Vous êtes l’auteure d’une nouvelle série qui sensibilise sur le covid19, d’où vous est venue l’idée de créer les aventures de SABOUN et MAK GRECH?

Je me suis demandé ce que j’allais faire personnellement ? Je n’avais pas envie de dessiner mon jardin ou ma maison, petit à petit faire de la prévention à travers des dessins m’est venu en tête. J’ai vu beaucoup de gens se ruer sur les savons et produits chers alors qu’on en Mauritanie : SABOUN. C’est le savon jaune produit en Mauritanie qui est moins utilisé malheureusement mais pas cher du tout. C’est un savon qui est bon pour l’environnement parce qu’il ne pollue pas. Je me suis dit qu’il faut que je travaille sur ça et surtout sur l’idée qu’on doit se laver les mains plusieurs fois par jour. Comment le faire ? Et aussi comment aussi utiliser ce savon dans une petite bouteille avec de l’eau. Les boutiquiers et vendeurs au marché peuvent nettoyer leurs surfaces avec cela et se laver facilement les mains. J’ai vu dans les supermarchés qu’ils ont mis de l’eau avec du javel. Cela désinfecte mais ne tue pas le virus, le savon si.

Donc j’essaie de penser à ce qui peut aider les personnes, j’ai des amis qui font de la prévention dans les quartiers, et moi je fais SABOUN. C’est une façon pour moi de m’occuper et laisser libre court à mon imagination. Je fais donc de SABOUN un héros national, mauritanien. Il est accompagné par son amie MAK GRECH bouilloire à ablution que l’on retrouve dans toutes les maisons. Moi je l’appelle Madame MAK GRECH. Rires.

Horizon : Pouvez-vous nous décrire le processus de production d’une planche ?

Isabel : Je dessine et les monte sur les planches. Chaque planche véhicule un message. Je compte faire appel à ses amis et bonnes volontés pour traduire les aventures de SABOUN dans les langues nationales, car le public que je vise c’est celui de la rue, les personnes ordinaires. Je produis avec un rythme de trois à quatre par jour, parce que je dois les imaginer, les dessiner, les colorer après les photographier pour numériser avant diffusion.

Horizon : Ainsi chaque planche véhicule une idée, un message, qu’en est deux premiers épisodes ?

Isabel : le premier épisode montre que nous portons tous des virus, notre patrimoine génétique est composé de 10% de virus. Après on voit corona dans un avion et je dis « qu’on a cru qu’il n’aime que les pays d’Asie, on a cru qu’il n’aimait que les autres et pas nous ». Mais non, « il aime tout le monde ». Et donc c’est un virus cosmopolite et pas raciste. Ensuite j’explique qu’il peut rentrer par le nez, la bouche ou les yeux.  Et je rajoute c’est « ma main, ta main, notre main, qui l’invite à entrer. Donc on propose un peu d’explications car on dit aux gens de se laver les mains, mais ils ne savent pas pourquoi exactement. On ne comprend pas que c’est la main qui est porteur du virus.

Ensuite on voit corona dans la planète et on parle de la globalisation avec corona qui va à la découverte du monde. Il saute de pays en pays et je dis « mais c’était sans compter sur l’allié de l’humanité le super SABOUN ». Comme ça SABOUN produit en Mauritanie par Somigem et disponible partout, avec son ami MAK GRECH. Ensuite on voit beaucoup de mains qui se lavent et on se demande pourquoi ? Qu’est-ce que le savon fait au virulent et invisible corona ? Les quatre derniers dessins on voit cornona entouré d’une couronne constituée de protéines et c’est elle qui le fait entrer dans le corps. On voit SABOUN qui est en train d’arracher la couronne et MAK GRECH qui verse l’eau et on dit qu’un virus sans couronne n’est plus infectieux. Ensuite on voit une image avec SABOUN sur le dos de MAK GRECH qui dit « on a plein de savon et c’est bon » et dans l’image qui suit on voit le virus qui court.

Horizon : Savez-vous déjà l’épilogue de la série, le nombre d’épisodes… ?

Isabel : Justement non, chaque jour me réinvente. L’histoire n’est pas finie dans ma tête. Je vous disais tout à l’heure que je vais travailler sur la peur pour les prochains dessins mais peut être finalement de mettrai l’accent sur les autres modes de transmission avant. Je ne sais pas de A  à Z comment ça va se passer.

L’idée c’est de parler du virus en rigolant, de façon infantile et de faire comprendre que ce n’est pas une chose qui vient nous tuer tous. On peut faire des choses pour le combattre, notamment expliquer que si quelqu’un ne confine pas, qu’il sorte saluer des gens en donnant la main et être dans des foules, c’est tout le monde qu’il met en danger.

Horizon : Vous avez déjà diffusé quelques dessins sur la toile, les retours sont-ils positifs?

Isabel : Oui, les aventures de SABOUN ont eu échos positif ici, au Sénégal et ailleurs en comme suisse où cela suscite l’intérêt. On m’a demandé par exemple pourquoi est-ce que je soutiens que SABOUN c’est mieux. Alors je leur explique qu’avec certains produits, on sèche les mains puisqu’on est obligé de se laver les mains plus souvent. Je n’ai jamais autant lavé mes mains de toute ma vie, et pourtant c’est peut être le meilleur moyen que nous avons de nous prémunir. SABOUN et MAK GRECH vont chasser le corona.

Propos recueillis par Amadou SY

NB: article publié initialement dans le journal horizon. 

Premier décès dû au covid19 en Mauritanie: retour cette journée du 30 mars

Stupeur, la Mauritanie vient d’enregistrer son premier décès dû au covid19. L’information a été rendue publique à travers une dépêche de l’agence officielle  aux alentours de 20h. Elle sera confirmée par le Dr Ndiaye Amadou, responsable du site d’isolement du coronavirus en Mauritanie sur le plateau du journal télévisé de 21h30 de la chaine nationale. Le nombre de cas s’élève à 6 cas dont 2 guéris, 1 décès et trois sous traitement.

La victime âgée de 48 ans, était confinée depuis le 16 mars, date son arrivée à bord d’un vol d’air France. La toile bouillonne en Mauritanie. D’après le ministre de la santé, Dr Nedhirou Mohamed Hamed, la dame est franco-mauritanienne et ce n’est qu’hier qu’elle a eu des malaises. Cela s’est accentué ce matin et elle est décédée dans l’ambulance, avant d’arriver à l’hôpital. Le Décès dû au covid19 est survenu à 12h.

Au bout de 14 jours

Plus tard dans la soirée sur le jt de 21h30, Dr Ndiaye explique le test covid19 sur ce cas est post mortem. L’annonce de ce décès dû au covid19 et ses circonstances continuent de faire couler encore et salive. Dr Ndiaye soutient que «14 jours c’est la période d’incubation sur laquelle les scientifiques se sont mis d’accord ». Donc au bout de cette période, si la personne ne présente pas de signes, elle est simplement libérée et peut vaquer à ses occupations sans subir de test.

« corona est un virus qui est sournois qui n’a pas fini de révéler ses secrets » dixit Dr Ndiaye.

C’est justement ce point qui divise sur les réseaux sociaux. Chacun y va de son propre commentaire. Selon Dr Ndiaye responsable du site d’isolement covid19 en Mauritanie, « ce cas est apparu au bout du 14e jour. Il est vicieux ». Et au docteur de poursuivre « il a été décrit des incubations allant jusqu’à trente jours. Les recherches sont en cours et on en apprendra plus quand l’épidémie sera à son pic ».

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Pour finir, Dr Ndiaye, estime que « corona est un virus qui est sournois qui n’a pas fini de révéler ses secrets. Même sans symptômes, on peut contaminer, d’où l’isolement qui est préconisé ».

Réaction

La première conséquence de ce décès dû au covid19, est la prorogation de la durée du confinement. On passe donc de 14 à 21 jours.

La seconde conséquence c’est le début de psychose sur la toile. La communication du ministère de la santé de ces derniers jours, est remise en question. Déjà, le communiqué quotidien qui tombe à 18h d’habitue n’est pas arrivé à temps. Ensuite le SiteRep (Situation Report) fait par le ministère de la santé avec le concours de l’OMS arrive à 20h50 dans les mails box  en mentionnant pas de nouveaux cas, encore moins un décès.

Epée Damoclès

Une heure avant, une circulaire du ministère de la santé est publiée. Le personnel sanitaire y est menacé de sanctions si elle divulgue des informations. « Il m’a été donné de constater que des cadres de la santé diffusent des informations qui nuisent à l’effort national de contrôle  de la pandémie covid19. Tout écart « sera fermement sanctionné selon la réglementation en vigueur » précise le ministre de la santé, à travers cette circulaire.

Dysfonctionnements

Il y a lieu de relever qu’un internaute avait annoncé le décès d’une dame qui était en confinement depuis 14 jours (celle dont le décès sera confirmé dans la soirée). Il était 12h51. Il tenait cette information du corps médical.

Quelques jours avant, les circonstances de l’identification du cas numéro cinq (5) avait mis sous les projecteurs le Dr Diawara. Ce dernier avait contredit le ministre de la santé, à travers un post sur Facebook et des audio whatsapp qui ont fuité. Des observateurs estiment que la circulaire du ministère est une réaction à ces deux événements. Quoi qu’il en soit, le corps médical est invité à observer une réserve, sous peine d’être frappé par des sanctions.

Capture du post sur le compte facebook du Dr Diawara
Capture du post sur le compte facebook du Dr Diawara

Bilan

Au bout de cette journée, la Mauritanie comptabilise six (6) cas dont deux (2) guéris, trois (3) sous traitements et un décès. Selon les autorités sanitaires, 75 cas contact ont été identifiés et sont confinés. Ce chiffre ne comprend pas les cas contact du cas numéro six (6) dont le décès est dû au covid19, faut-il le rappeler.

Depuis l’apparition du covid19 en Mauritanie, une série de mesures ont été prises pour limiter la propagation du virus. Les commerces, les frontières et les cafés sont fermés. Le trafic interurbain est interrompu mais on continue de s’entasser comme des sardines dans les transports en commun, malgré la décision du ministère qui interdit la surcharge.

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Épidémie covid19: fermeture des marchés sur toute l’étendue du territoire

Épidémie covid19 | Les jours se suivent et les mesures s’empilent. Les autorités mauritaniennes ont décidé de fermer « les commerces sur l’ensemble du territoire national » a-t-on appris ce dimanche 29 mars 2020. Dans la dépêche publiée par l’agence mauritanienne d’information, il est précisé que cette fermeture ne concerne pas les vendeurs en détails et les commerces de produits alimentaires.
La mesure sera  en vigueur jusqu’à nouvel ordre, à compter d’aujourd’hui midi.
Après l’annonce du cinquième cas positif au covid19 et l’arrêt du trafic interurbains, c’est autour des commerces d’être frappés par des mesures préventives. La dernière en date, intervient à la suite d’une réunion que le Président de la République Mohamed Ghazouani a tenu avec le comité interministériel de suivi de l’épidémie covid19.
Le communiqué conjoint signé par le ministère de l’intérieur et de la décentralisation et le ministère du commerce et du tourisme, indique que la décision vise à limiter la propagation des cas. Dans le même sens, les établissements publics ont réduit la présence de leur personnel. Si les entreprises privés ne sont pas sommés de faire la même chose, ils sont tout de même invités à prendre l’exemple.
L’épidémie covid19 qui bouleverse notre quotidien depuis deux semaines. Une batterie de mesures ont été prises. Aujourd’hui, 20 personnes sortis de leur confinement obligatoire dans un hôtel de la place. Au total se sont 679 personnes qui étaient en confinement, à la date du 28 mars 2020.
A travers le monde, l’épidémie covid19 continue de faire des ravages, en Italie, en Espace, France ou encore aux Etats-Unis. L’Afrique n’est pas en reste. Au Sénégal 142 cas ont été enregistrés dont 27 guéris. Au Mali qui a connu ses deux premiers cas le 25 mars dernier, est passé à 18 cas dont 1 décès.  L’Algérie quant à elle pleure ses 29 décès sur 454 cas recensés. De quoi nous rappeler à l’ordre et inciter au respect des gestes barrières.

Covid19 en Mauritanie: interdiction des déplacements interurbains à partir du 29 mars

Covid19 en Mauritanie | Le ministre de l’intérieur Mohamed Merzough, a annoncé tôt ce samedi 28 mars 2020 l’interdiction des déplacements interurbains à partir de demain dimanche, à midi. Seul le personnel essentiel et les transporteurs de marchandises sont autorisés à se déplacer. 

A peine quelques heures après la découverte du cinquième cas positif au covid19 et le premier enregistré à l’intérieur du pays (Kaédi), le ministère de l’intérieur décide de limiter les déplacements. Ceci fait suite également à la déclaration du premier ministre vendredi soir. Les déplacements à l’intérieur des villes pourrait être également concernées.

Lire aussi>>> Mauritanie: Deux nouveaux cas positif au covid19 dont un à Kaédi

La Mauritanie faut-il le rappeler, vient de boucler une semaine de couvre-feu. Une batterie de mesures ont été prises et un fonds de solidarité a été créé. Si les campagnes de sensibilisations sont faites, on constate malheureusement que tous ne respectent pas les gestes barrières.

Lire aussi >>> la Mauritanie suspend la prière du vendredi

Une transmission communautaire est à redouter. C’est ce que les autorités tentent d’éviter à restreignant les mouvements de masses. Au Sénégal, en Algérie ou encore au Maroc, le nombre de cas positifs au covie19 est en hausse. Prudence.

Mauritanie: Deux nouveaux cas positif au covid19 dont un à Kaédi

La Mauritanie compte désormais cinq (5) cas positifs au covid19. Le ministre de la santé, Dr Nedhirou Mohamed Hamed, a annoncé tard cette nuit (du vendredi au samedi 28 mars 2020) la découverte de deux (2) nouveaux cas. Il s’agit de l’épouse du cas numéro trois (3) et d’un homme à Kaédi, revenu dernièrement du Sénégal. 

Comme il avait eu à le faire au tout début de cette épidémie, le ministre de la santé s’est adressé aux mauritaniens à travers une vidéo tard la nuit. L’heure est grave.

Nous n’avons pas de détails sur le parcours du cas du numéro cinq (5) mis à part le fait qu’il était repéré à Kaédi, capitale du Gorgol et qu’il était récemment au Sénégal où la barre des cent cas positifs au covid19 a été dépassée.

Police ou médecin 

On notera tout de même que sur les réseaux sociaux, certains affirment à des posts que le ministre s’est trompé sur les circonstances qui ont conduit à l’identification du cas numéro cinq. Dans la vidéo ci-dessus, le ministre affirme que l’individu a été intercepté par la police en provenance du Sénégal et conduit à l’hôpital.

Or, sur le compte du Docteur Diawara qui a consulté le cas numéro cinq au Centre Hospitalier de Kaedi, l’individu est rentré du Sénégal il ya neuf jours. Le patient est venu de lui-même lit-on. Ce dernier affirme enfin être en isolement en ce moment.

Capture du post sur le compte facebook du Dr Diawara
Capture du post sur le compte facebook du Dr Diawara

Par ailleurs, le quatrième  cas est un un cas contact, celui du troisième. Il s’agit en effet de son épouse, qui avait été « mise en isolement en même temps que son mari » précise le ministre de la Santé. Au total, le cas numéro  (3) a été en contact avec 31 personnes identifiées qui sont suivies en ce moment.

Plutôt dans la soirée d’hier, le premier ministre c’était exprimé pour faire annoncer que nouvelles mesures allaient être prise pour limiter les déplacements. Les mauritaniens sont appelés aujourd’hui plus que jamais à respecter les consignes pour sauver des vies.

COVID19: la Mauritanie suspend la prière du vendredi 27 mars 2020

Le gouvernement, à travers le ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel,a décidé de suspendre la prière du vendredi 27 mars 2020. Cette decision forte, fait suite au diagnostic du troisième cas positif au covid19.

Gouverner c’est prévoir. Il n’a pas échappé aux autorités que tout rassemblement de quelque nature que ce soit, est un foyer potentiel de propagation du virus.

La decision du ministère des affaires islamiques
La decision du ministère des affaires islamiques

Si certains mauritaniens sont conscients de la gravité de la situation, d’autres s’offusquent. Ils se disent consternés par la fermeture « de la maison de Dieu » en République Islamique de Mauritanie. Sur les réseaux sociaux, chacun y va de son commentaire.

Covid19: la Mauritanie enregistre son troisième cas | Vidéo

Dr Nedhirou Mohamed Hamed, ministre de la santé, a annoncé qu’un troisième cas positif au covid19 a été détecté. L’information est tombée ce jeudi 26 mars 2020. Selon le patron de la santé, le malade est un mauritanien de 74 ans, rentré de France le 15 mars 2020 à travers du vol d’Air France AF751. 

Selon le ministre, l’homme a été diagnostiqué à 3h du matin. Il a ajoutera que «toutes les mesures d’isolement du malade et de recherche de ses contacts sont prises » avant d’inviter « toutes les personnes venues des zones endémiques » à s’auto confiner.

Ce troisième cas positif au covid19 que beaucoup redoutaient, vient avec son lot de question mais brise également une certitude « mauritanienne ». En effet, ceux parmi nous qui pensaient que « c’était une maladie d’occidentaux, de non musulmans ou encore ne pouvant arriver qu’aux autres) seront devant le fait accompli. Ce cas positif est un mauritanien !

Par ailleurs sur la toile, on se demande pourquoi cet individu n’a pas été mis en confinement obligatoire. D’autres estiment que cela aurait été très radical à partir du moment où, un seul cas avait été enregistré à ce moment-là. Il n’en demeure pas moins qu’avec l’auto-confinement on ne compte sur la bonne foi de l’individu et sa responsabilité.

En outre, la découverte de ce nouveau cas intervient au lendemain de l’adresse à la nation du Président de la République. Une batterie de mesures a été annoncée, dont un fonds de solidarité de deux milliards cinq cent millions d’ouguiyas (2 500 000 000 MRU). Pendant ce temps, le covid19 continue de faire des ravages en termes de nouveaux cas et de morts.

Covid19: couvre-feu et fermeture des cafés et restaurants en Mauritanie

En Mauritanie, le ministère de l’intérieur, a ce jeudi 19 mars 2020 à 13h, pris de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du covid19. Un couvre-feu de 20h à 6h figure parmi les résolutions fortes de l’exécutif mauritanien. Cette annonce intervient au lendemain du diagnostic du deuxième cas positif au covid19 en Mauritanie.

Pour contenir l’épidémie covid19, l’était mauritanien a pris une série de mesures, ces derniers jours. Ainsi à la fermeture de l’espace aérien aux vols commerciaux entre autres décisions, vient s’ajouter trois nouvelles mesures. Il s’agit tout d’abord:

  • Un couvre-feu de 20h à 6h du matin sur toute l’étendue du territoire. Cette décision s’applique à tous, à l’exception du personnel de services de santé et les camions qui transportent des marchandises.
  • Interdiction formelle de tout attroupement et réunions de quelque nature que ce soit
  • Fermeture de tous les restaurants et cafés du jusqu’à nouvel ordre.
Communiqué ministère de l'intérieur
Communiqué ministère de l’intérieur couvre-feu

Hier, c’est le ministère de la santé qui s’était une illustre avec de nouvelles mesures qui fixent les prix de certains produits d’hygiène. « Les prix des consommables ont connu une spéculation qui contraire  à l’esprit de la réforme qui est de rendre disponible les médicaments et consommables de qualité, à moindre coût pour les populations » indique le ministère dans sa circulaire.

« Ainsi à compter de la date de signature de cette présente circulaire, il est exigé à tout grossiste répartiteur, pharmacie et dépôt ou quelconque entité autorisée à les fournir, de respecter les prix ainsi définit comme suit pour les consommables essentiellement, lit-on.

Prix des gants et masques

Désormais, la boite de 100 paires de gants de latex non stérile sera vendue à 5 ouguiyas la paire, tandis que la boite de 50 paires de gants en latex stérile sera vendue à 20 ouguiyas la paire. Autre produit prisé mais en rupture, les masques chirurgicaux et les 3M. Le prix unitaire est fixé à 10 ouguiyas.

Prix des solutions hydroalcooliques 

Toujours au chapitre des prix, le produit roi actuellement est lui aussi réglementé. Il s’agit du gel main (solutions hydroalcoolique). Les prix sont comme suit :

  • Bouteille de 75ml : vendue à 79 ouguiyas ;
  • Bouteille de 125ml : vendue à 94 ouguiyas
  • Bouteille de 200ml : vendue à 106 ouguiyas
  • Bouteille d’un litre : vendu 438 ouguiyas

«Tout contrevenant à cette mesure s’exposera aux sanctions prévues par la réglementation » prévient le ministère de la santé. Maintenant, les populations pourront brandir cette mesure aux vendeurs (pharmacies, dépôts, grossistes etc) qui oseraient gonfler les prix.

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La longue marche vers l’éradication de ce virus vient à peine de commencer. Les mauritaniens vont devoir se préparer à vivre différemment et suivant des conditions plus ou moins difficiles. Plus difficile que d’habitude. Pour le salut de la nation, il y va de la responsabilité de chacun de respecter les consignes.